4 jours de travail contre moins de chômage ?

4 jours de travail contre moins de chômage ?

Réduire le temps de travail pourrait-il diminuer le chômage à Bruxelles ? Le Ministre bruxellois de l’Emploi, Didier Gosuin, propose une semaine de 4 jours pour les personnes peu qualifiées, contre des embauches compensatoires. Une solution ?

Au vu des derniers chiffres publiés par le Bureau du Plan, le conseiller économique du gouvernement, le constat est clair : il est chaque fois plus difficile pour les jeunes peu qualifiés de trouver du travail. Effet de crise ou de l’évolution technologique, ces personnes sont plus que jamais désavantagées face au marché de l’emploi. C’est dans ce contexte, que Didier Gosuin a étudié plusieurs mesures visant à booster l’emploi des chômeurs de moins de 25 ans. Le Ministre espère ainsi que la Région bruxelloise sera en mesure de proposer 20.000 places supplémentaires, d’ici 2010. Parmi ses propositions : une semaine de 4 jours pour les travailleurs peu qualifiés qui se partageraient le volume horaire requis pour une fonction. En contre-partie, les entreprises pourraient procéder à des embauches compensatoires.

Chômage en baisse ≠ amélioration de la situation des non qualifiés

Pour Didier Gosuin, la sous-qualification est une des causes structurelles du chômage à Bruxelles. Ce qui concorde avec lLa dernière enquête du bureau du Plan. Malgré la légère baisse du chômage enregistrée à Bruxelles, l’étude révèle que le temps de recherche d’emploi des non qualifiés est passé de 9 à 13 moins depuis 2008. Autre élément interpellant à Bruxelles et en Wallonie : les jeunes chômeurs, plus que d’autres, sont souvent menacés de perdre leurs allocations dans le cadre des sanctions liées à la procédure de recherche d’emploi. Les hommes semblent également pâtir davantage du statut de personne non qualifiée. Les politiques de l’emploi ciblées sur les femmes peu qualifiés à Bruxelles, comme le système des titres-services expliquent peut-être cette situation. Sans surprise, la digitalisation conséquente de la société ne facilitera pas la tache des non qualifiés. Le phénomène impacte les secteurs des services, l’administration et le retail, plus qu’autrefois... Inutile de dire qu’il est nécessaire de réfléchir à l’avenir du travail ouvrier.

La mesure en phase de test chez Bruxelles-Propreté

En collaboration avec la secrétaire d’Etat Fadila Laanan, Didier Gosuin a procédé à l’élaboration d’ une étude de recherche-action à expérimenter prochainement au sein de l’agence Bruxelles-Propreté. Ce test permettra au Gouvernement bruxellois d’évaluer la faisabilité légale, opérationnelle et l’impact socio-économique, du modèle de la semaine de 4 jours. Le Ministre Gosuin soutient qu’une réduction de 20% du temps de travail permettrait de créer 400-500 emplois par embauche compensatoire. Quatre cents entreprises françaises sont d’ailleurs passées à la semaine des quatre jours en adoptant des formules différentes. Mais Didier Gosuin préfère rester prudent concernant cette mesure : "Il ne faut pas toucher aux salaires des travailleurs, qui ne sont pas élevés. Il ne faut pas non plus pénaliser l’entreprise. Il faut donc jouer sur les cotisations patronales payées par les entreprises pour créer de l’embauche compensatoire. Les moindres recettes perçues en cotisations patronales sont donc équilibrées par une réduction du taux de chômage", estime le Ministre. Affaire à suivre !



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