Acteurs de la santé et monde politique travaillent de concert à un Plan de Santé bruxellois

Acteurs de la santé et monde politique travaillent de concert à un Plan de Santé bruxellois

La Commission Communautaire Commune de Bruxelles a posé les jalons de son plan de santé, dont la tâche sera d’embrasser les spécificités bruxelloises afin d’être un outil sur-mesure qui répond aux besoins des patients.

A l’initiative d’une telle démarche, on retrouve les ministres en charge de la politique Santé en Région bruxelloise, à savoir Didier Gosuin (FDF) et Guy Vanhengel (Open VLD).

Un groupe de travail pour définir le Plan de Santé bruxellois

Ensemble avec les acteurs de la santé (représentants d’hôpitaux, maisons de repos et de soins, infirmiers, aides et soins à domicile, mutuelles,...) et les autres entités politiques concernées (COCOF, VGC, VG, Fédération Wallonie-Bruxelles, Fédéral), les deux hommes politiques bruxellois vont, ces prochaines semaines, réfléchir à la construction d’un modèle idéal « replaçant le patient au cœur du dispositif et correspondant aux spécificités bruxelloises », comme l’indique un communiqué à la presse.

Et le défi est grand : au -delà du travail de reprise des transferts institutionnels suite à la 6e réforme de l’État, les grands enjeux de santé à Bruxelles sont liés aux caractéristiques démographiques et socio-économiques de la population. A cet égard, plusieurs constats ont été relevés : « Pour commencer, nous avons une population jeune avec un fort taux de natalité : les soins aux enfants et aux adolescents seront d’autant plus importants. Ensuite, le vieillissement reste une préoccupation même si l’impact est moins conséquent que dans d’autres régions, ce qui nous laisse un peu de temps pour préparer le boum du vieillissement à Bruxelles. Enfin la précarité grandissante nous impose une réflexion urgente sur les modalités de la prise en charge des publics fragilisés » relève le cabinet du Ministre Gosuin.

Développer une politique globale en matière de santé

En outre, le plan devra tenir compte d’autres paramètres, tout aussi importants, comme par exemple la multiplication des maladies chroniques, les modifications des techniques de soins et les progrès technologiques en la matière, mais aussi l’évolution du volume de praticiens (médecins, infirmiers, paramédicaux,...) et leur degré de polyvalence/spécialisation, ainsi que la réforme du financement des structures hospitalières et Maison de Repos/Maison de Repos et de Soins en cours et à venir et encore l’attractivité de la Région Capitale pour les patients wallons, flamands et ceux, nombreux, venant de l’étranger.

Selon les initiateurs du plan de Santé bruxellois, « une politique globale est dès lors indispensable et s’étendra de la prévention de la santé et la première ligne de soins (maisons médicales et médecins généralistes) aux hôpitaux généraux, spécialisés, y compris les hôpitaux universitaires et les structures post-hospitalisations. »

Les objectifs du Plan de Santé bruxellois

Le Plan de Santé bruxellois vise trois objectifs principaux :

Premièrement : reprendre efficacement les matières transférées. « A Bruxelles, le transfert de compétences en matière de santé doit nous permettre de créer de la cohérence entre les différentes politiques bruxelloises. Mais il nous oblige également à maîtriser le budget et à organiser sa gestion » souligne Didier Gosuin dans un communiqué.

Deuxièmement, l’amélioration de l’accessibilité aux soins sur le plan géographique, social et financier. Bruxelles est en effet le territoire qui bénéficie de la plus importante offre de soins et qui compte, en même temps, la plus mauvaise accessibilité en raison des spécificités socio-économiques. Le report de soins est le plus élevé à Bruxelles et le nombre de patient ayant un médecin généraliste est le plus faible de Belgique. « Pour améliorer l’accessibilité aux soins, il faudra développer une approche par quartier mais aussi prendre en compte, dans l’élaboration des politiques du Plan de Santé, la multi-culturalité des Bruxellois. Enfin, il conviendra d’améliorer la lisibilité de l’offre de soins et de travailler à sa cartographie », poursuit le communiqué.

Enfin, troisième objectif : changer la logique et s’orienter vers plus de décloisonnement. « Tous les acteurs reconnaissent que la réponse aux nouveaux besoins de soins appellent un travail multidisciplinaire, voire un travail qui intègre la dimension sociale. L’objectif politique est donc de sortir d’une logique de silo et d’institutionnalisation pour aller vers une logique d’offre de soins qui se construit autour du besoin du patient. »

Quelle politique de Santé demain à Bruxelles ?

Ce dernier objectif implique donc de créer une coordination efficace de la première ligne et de développer des outils permettant le travail en réseau, l’échange électronique des données du patient mais aussi le développement d’alternatives aux soins en institutions. Les ministres compétents entendent par exemple favoriser le maintien à domicile tout en développant les formes alternatives d’hébergement pour personnes âgées.

Entre efficience des moyens et besoins du patient, MM. Didier Gosuin et Guy Vanhengel et leurs partenaires auront la lourde tâche de repenser avec les acteurs de la santé l’offre de soins dans sa planification et sa structure.

Les principales lignes du Plan de Santé bruxellois ne sont pas attendues avant début septembre.

Delphine Hotua



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