Addictions : Bruxelles et la Tunisie discutent des pratiques

Addictions : Bruxelles et la Tunisie discutent des pratiques

La ministre bruxelloise de la santé a abordé la question des addictions avec la Tunisie, en vue de discuter des pratiques à adopter.

La question des addictions et de la réduction des risques en matière de drogues et assuétudes est un sujet épineux. Dans le cadre d’un échange entre la Belgique et la Tunisie, organisé par la Fedito BXL, le président de la société tunisienne d’Addictologie, Monsieur Nabil Ben Salah, a exprimé son souhait de voir rapidement entrer en vigueur une nouvelle législation en matière de prise en charge des toxicomanes.

Un nouveau projet de loi

Le nouveau projet de loi tunisien devrait considérer la toxicomanie comme une maladie chronique présentant un risque de rechute important. Un tel changement d’approche permettrait de lever les tabous en Tunisie, ont estimé les experts entendus par la ministre bruxelloise de la santé, Cécile Jodogne. L’adoption de ce projet de loi permettrait de réaliser des progrès sur le plan de la santé et sanitaire, ont-ils souligné.

Le texte a déjà été examiné une première fois en commission au parlement tunisien, mais les spécialistes de la toxicomanie ne sont pas tenus informés de l’évolution de la procédure, ont-ils regretté. Selon ces derniers, l’opinion publique n’est pas encore prête à un tel changement de loi, qui est peut-être perçu comme une légalisation de la consommation de la drogue.

La loi tunisienne

Comme l’ont expliqué les experts du Centre d’assistance médicale urgente (CAMU) et de l’hôpital psychiatrique ’Razi’ situés à Tunis, la loi actuelle en Tunisie dissuade les toxicomanes de se rendre dans un centre médical car les médecins sont en principe tenus légalement de dénoncer leur consommation de drogue aux autorités policières.

L’opinion publique sceptique

Dans le pays, la tension est toujours présente, entre d’une part la nécessité d’accompagner les personnes en situation d’addiction vers des comportements plus responsables pour eux-mêmes et moins problématiques pour leur milieu de vie, et d’autre part l’opinion publique qui demande à être sécurisée vis-à-vis des comportements problématiques et craint que toute mesure visant à venir en aide aux personnes concernées ne soit perçue comme trop laxiste. Cécile Jodogne a fait remarquer que « la question de la légalité autour de la problématique de la consommation de drogue suscitait également des clivages en Belgique ».

Echanger pour trouver des solutions

La consommation de drogue et d’alcool est en nette augmentation en Tunisie, constate l’équipe de la société tunisienne d’Addictologie. Un projet d’échanges autour de la problématique de l’alcool, des drogues et des addictions a été mis sur pied dans le cadre d’une programmation bilatérale Tunisie-Wallonie Bruxelles. Le projet est mené par la Fédération bruxelloise francophone des institutions pour Toxicomanes (Fedito BXL). Une rencontre entre les partenaires a été organisée en mai dernier à Bruxelles. Une nouvelle rencontre sera organisée du 23 au 29 octobre prochains à Tunis.



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