Agent social d'insertion professionnelle : de la nécessité d'une évolution

Agent social d'insertion professionnelle: de la nécessité d'une évolution

Dans le contexte social difficile des exclusions du chômage, les travailleurs sociaux du Forem sont en première ligne pour pallier les demandes d’insertion et de reconversion professionnelle.

Pour s’en sortir, nombreux sont les demandeurs d’emplois en fin de droits à s’adresser au Forem pour se réinsérer au plus vite sur le marché de l’emploi. L’institution wallonne offre en effet des opportunités, comme les formations à venir au métier d’infirmier. Or, les travailleurs sociaux du Forem doivent faire face à une conjoncture sociale tendue et enregistrent un taux d’absentéisme record cette année. Un métier avant tout très humain, qui souffre du manque de soutien dans son exercice auprès des chômeurs, chaque jour un peu plus mis à l’écart par la société.

Le service social du Forem

Sur le papier, les travailleurs sociaux du Forem ont pour principale mission de coordonner le marché de l’emploi avec celui de la formation en Wallonie. Ils se chargent d’orienter au mieux les demandeurs d’emploi ainsi que les entreprises dans leurs recherches professionnelles pour rencontrer les attentes de ces deux pôles. Auprès des entreprises, ils informent les recruteurs en termes de gestion du personnel et les aident à la diffusion de leurs offres d’emploi. Ils s’investissent aussi auprès des étudiants, en orientant toutes les personnes qui le souhaitent vers les 200 formations dispensées par le Forem. Autrement dit, les assistants sociaux ont non seulement un rôle de conseiller et de soutien social, mais aussi d’agent administratif rôdé aux démarches stratégiques entre les instances institutionnelles régionales et fédérales du marché de l’emploi.

Les métiers sociaux en évolution

Parce qu’ils accompagnent des personnes en difficultés au quotidien, souvent démunies financièrement et psychologiquement face au chômage, les assistants sociaux du Forem souffrent parfois d’une forte pression. Une situation de travail d’autant plus aggravée depuis les différentes mesure d’exclusion des droits de chômage. Parce que l’emploi est aujourd’hui considéré comme un enjeu majeur de la société, les chômeurs sont de plus en plus (et les dernières mesures le prouvent) laissés au ban. Le rôle de l’assistant social du Forem est d’aider ces personnes à s’autonomiser et reprendre confiance en leurs compétences vers la réinsertion socioprofessionnelle.

Le problème, c’est que le durcissement des mesures d’économies vis-à-vis des chômeurs ne s’accompagne pas, ou du moins pas à grande échelle, d’une évolution des missions sociales pour l’emploi. Les demandes sont plus nombreuses, et surtout plus complexes et spécifiques au parcours de chacun dans cette situation d’installation durable du chômage. En conséquence, les professionnels sociaux doivent faire face à une réalité de l’emploi qui se traduit souvent par la misère sociale, alors que les politiques d’assistance à l’emploi ne vont pas en s’améliorant. Résultat, les agents sociaux ne trouvent plus sens à leur travail, alors que des initiatives extérieures s’organisent pour venir en aide aux exclus du chômage les plus démunis.

Pallier le chômage par la formation

Si le demandeur d’emploi ne parvient pas à se réinsérer professionnellement, le Forem lui proposera sans doute une formation. Si les formations du Forem sont en effet un tremplin vers l’emploi, elles ne suffisent pas à endiguer les sollicitations d’emploi trop nombreuses, surtout en ce qui concerne les travailleurs peu qualifiés. Il s’agit, certes, d’une belle opportunité pour les personnes qui nourrissent le souhait de changer de métier. Mais pour les autres, n’est-ce pas une façon de mettre en cause le travailleur lui-même, le mettre face à son propre manque de compétences ?

Dans une étude réalisée en 2011, l’ASBL SAW-B mettait déjà en lumière les contradictions des missions d’aide à l’emploi, se traduisant par une vision trop réductrice des solliciteurs : " se focaliser sur l’employabilité des personnes peu qualifiées a de fortes chances de ne pas suffire pour amener à un emploi de qualité. Or, les opérateurs d’insertion finissent par être, eux-mêmes, imprégnés de cette individualisation du traitement du chômage." Et de poser la question qui fâche : est-ce aux mondes entrepreneurial et politique qu’il faut demander des comptes ?



Commentaires - 1 message
  • FOREM = parasites incompétents socialo ! Pas de chômeurs = pas de FOREM ! Le chômage est organise pour créer des jobs de fonctionnaire! Plus personne n'est dupe !
    Ce forum est financé par les socialo avec l'argent des con-tribuables ?

    amanranteduboisdescons jeudi 19 novembre 2015 13:32

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