Aider les femmes à se reconstruire

Aider les femmes à se reconstruire

L’asbl Woman’Dō a pour objectif d’aider les femmes à se reconstruire.


- Mutilations génitales féminines : quelle prise en charge en Belgique ?
- Woman’Dō, un accompagnement centré sur la femme

Créée en 2013, l’asbl Woman’Dō offre un accompagnement psychothérapeutique spécialisé pour les femmes demandeuses d’asile en situation précaire ayant subi des violences. Ces femmes sont principalement adressées à l’asbl par des centres d’accueil ou des CPAS. Puisqu’elle est encore en plein développement, l’asbl ne sature pas et peut suivre la demande. Anne Graindorge, coordinatrice du projet, explique leur travail.

Quel public est visé ?

L’asbl, inversement à d’autres associations, n’accueille que des femmes : « Tout est pensé spécifiquement pour les femmes. Le cadre de sécurité, l’accueil, l’approche, la réflexion clinique, la manière d’axer sur la femme comme sujet », explique Anne Graindorge. L’asbl accueille des femmes en séjour précaire, ayant fui des violences, des jeunes filles mineures et, depuis peu, des enfants, sans distinction de genre. « Le plus souvent, ce sont les enfants des femmes que nous accompagnons », précise A. Graindorge.

Une approche psychocorporelle spécifique

Les équipes de Woman’Dō ont une expérience avérée avec ce type de public. Qu’elle ait été recueillie sur le terrain ou par le biais de formations, le staff s’y connait d’abord d’un point de vue juridique ou social. Ensuite, un lien se construit entre la personne et la psychothérapeute qui la prend en charge. La spécialiste va à la rencontre du vécu de la femme, de ses blessures, de ses demandes et de ses références culturelles. En plus d’une approche psychothérapeutique globale, sociale et culturelle (les psychologues sont aussi psychothérapeutes), Woman’Dō inclut une approche psychocorporelle particulièrement pertinente pour ces femmes. Elle comprend différents aspects :

- D’une part, « considérer la femme dans son ensemble en accordant beaucoup d’importance à son ressenti corporel ou émotionnel et l’aider à l’utiliser comme baromètre pour sentir ce qui est présent pour elle à chaque moment », explique A. Graindorge. Cela aidera la femme à reprendre corps dans le présent, à reprendre confiance en elle, dans sa vie et dans le lien.

- D’autre part, le travail avec et sur le corps. Dans les bureaux, il y a des tables de massage. En respectant toujours les demandes et les rythmes des femmes, les psychothérapeutes formés à ce type de soins, pourront intégrer dans l’accompagnement de la personne un travail sur le corps. Pendant 5 ou 10 minutes par exemple, la femme se coucher et le psychothérapeute prodigue des soins psychocorporels. « La personne redécouvre de cette façon un toucher bienveillant, sécurisant, qu’elle n’a parfois jamais connu, puisqu’elle a souvent été habituée à un toucher violent. Ce travail s’inscrit dans l’accompagnement psychothérapeutique global de la femme. Dans cette approche, le travail apporte beaucoup à ces personnes, il participe à leur reconstruction et leur permet de reprendre confiance » dit A. Graindorge.

« De récentes recherches en neurosciences mettent en avant l’importance d’un travail psychocorporel permettant de reprendre conscience de son ressenti corporel et émotionnel pour les personnes souffrant de stress post-traumatique, ce qui est souvent le cas de ces femmes. Elles ont subi des traumas, dans lesquels leur psychisme peut rester figé, avec notamment des mécanismes de dissociation corps/esprit. Ce travail leur permet de reprendre conscience de leur présence », explique A. Graindorge.

Des conséquences lourdes

Les mutilations génitales ont des conséquences néfastes diverses, souvent extrêmement lourdes pour la femme qui les subit. De plus, elles s’inscrivent dans un contexte dans lequel d’autres violences viendront le plus souvent s’y ajouter. « Dans bon nombre de cas, les jeunes filles victimes de mutilations seront amenées à subir plus tard un ou plusieurs mariages forcés, où les femmes se sentent violées au quotidien, ce qui ravive en même temps la douleur liée à l’excision. Parfois elles ont également l’impression d’avoir été trahies par leurs parents, puisque la mère peut avoir participé à la mutilation, tandis que le père a souvent organisé le mariage forcé. » Ensuite, dans le cadre de leur mariage, ces femmes subissent des violences physique, psychique et sexuelle sur la durée. Elles souffrent d’un réel manque de considération. « Lorsqu’elles arrivent ici, elles sont parfois très étonnées de voir qu’on leur demande ce qu’elles veulent et qu’on les écoute », conclut A. Graindorge.



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