Alda Greoli, ministre de terrain avant tout

Alda Greoli, ministre de terrain avant tout

Si elle dit « tutoyer toutes les personnes du secteur quand je vais à des réunions », c’est parce qu’Alda Greoli n’apparait sur le devant de la scène politique qu’en 2014, comme cheffe de cabinet de Maxime Prévôt, après un début de carrière dans le non-marchand, principalement. Discrète, mais pas réservée et préférant les échanges spontanés plutôt que planifiés, la nouvelle ministre de l’enfance et de la culture s’est peu à peu fait une place du côté du « régulateur », comme elle l’appelle, depuis un peu plus d’1 an. Le Guide Social l’a rencontrée.

Une interview de Madame Alda Greoli, ministre de l’enfance… l’occasion était trop belle pour la refuser ! Faire remonter du secteur certains problèmes auxquels il est confronté et pouvoir, de visu, en parler avec la ministre, aborder les chantiers en cours, à venir, la vision politique et personnelle d’Alda Greoli en tant que professionnelle d’abord et ministre, ensuite. Elle qui a connu les « deux côtés » de la barrière : celui de professionnelle de la santé aux Mutualités Chrétiennes, de membre active dans le non-marchand à l’UNIPSO, l’UNISOC, la plate-forme du volontariat, aux côtés de Maxime Prévôt et, depuis 2016, celui de ministre de l’enfance et de la culture. Une personne polyvalente, donc. Et de terrain, avant tout. Ce qui la distingue de beaucoup de ses homologues.

Une femme de convictions

Cela se sent, Alda Greoli n’est pas le genre à tergiverser ou à satisfaire son interlocuteur d’un quelconque discours préfabriqué. La ministre connait son secteur – pour y avoir travaillé pendant plusieurs années – les problèmes qui le secouent et revendique son parcours professionnel, basé sur ses convictions qui lui ont permis de « pouvoir prendre des projets à bras le corps, de les porter et de tenter de les faire aboutir. »

SI elle dit ne pas avoir eu spécialement d’aspirations politiques, lorsqu’on lui demande de prendre la responsabilité en tant que ministre, au départ de Joëlle Milquet, elle accepte néanmoins, avec comme volonté première de pouvoir continuer à laisser aux associations et aux mouvements sociaux leur rôle fondamental dans la démocratie participative. Pour Alda Greoli, le cœur de son action repose sur « A la fois oser la confiance en la capacité du citoyen de s’organiser, tout en le régulant au travers des fonctions de l’Etat. »

Une Ministre de terrain

Impliquée dans les mouvements du Moc, dans divers PO de l’enseignement libre, dans des associations plus modestes également, la ministre a vu du terrain. Au début de sa carrière, elle faisait « comme si j’étais stagiaire et je suis allée passer des nuits avec des éducateurs dans des services de la Jeunesse, dans des hôpitaux en oncologie pédiatrique… pour comprendre le vocabulaire dans un premier temps et surtout avoir ressenti dans ses tripes ce que c’était que de travailler dans ces secteurs. Et ça, ça me sert encore tous les jours ». L’action politique s’est naturellement immiscée dans son action de terrain et pour elle, cela ne lui semble en aucun cas contradictoire. Au contraire : « Ça me semble juste, on bouge de place pour toujours porter le même projet de société. Pour moi, c’est ce qui fait la cohérence. »

Les mêmes enjeux… à partir d’un autre métier

Le lien qui unit sa vie de professionnelle du secteur non-marchand et son actuelle position de ministre lui apparait très clairement. Pour Alda Greoli, « Je n’ai pas vu de rupture nette sur les enjeux que je voulais porter et sur les réponses adéquate à ces enjeux-là. Quand je propose des notes au gouvernement, je les propose en ayant une philosophie de respect total de la charte associative, d’association sociale ; de même, en culture je veux promouvoir la création de fédérations représentatives, parce que je crois au dialogue social. »

La ministre concède néanmoins que les forces sur l’échiquier ont quelque peu basculé, impliquant a fortiori une certaine rupture fondamentale « parce que d’un côté, j’étais gestionnaire de projets ou porteuse du dialogue social en étant du côté des employeurs du non-marchand par exemple et qu’aujourd’hui, je suis du côté du régulateur politique ». La ministre voit cependant en son mandat une volonté de « construire la même chose, mais à partir d’un métier différent. D’un côté il y avait des propositions associatives à partir d’un dialogue du terrain. Aujourd’hui, ce sont des propositions et du dialogue à partir de la fonction politique. »

La suite :

- De l’importance de prendre des mesures concrètes pour la petite enfance
- Un premier bilan pour le secteur de l’enfance ?

La rédaction

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