Analphabètes et insertion , deux notions incompatibles ?

Analphabètes et insertion , deux notions incompatibles ?

Depuis novembre 2016, les bénéficiaires du revenu d’intégration sociale (RIS) sont obligés de signer un Projet Individualisé d’intégration sociale (PIIS) avec le CPAS. Qu’en est-il des personnes analphabètes et illettrées, qui ne savent pas ce qu’elles signent ? Des apprenants rencontreront le ministre ce mercredi.

Pour les individus analphabètes, l’enjeu est de taille. Depuis novembre dernier, une nouvelle loi impose la signature d’un PIIS à chacun des nouveaux bénéficiaires des CPAS. Cette mesure avait déjà soulevé l’indignation de la part de la Fédération des CPAS, par rapport au travail communautaire « obligatoire » dans le cadre du PIIS. En effet, pour elle, la loi manque d’encadrements et nuirait à la bonne prise en charges des usagers : le travail communautaire serait dès lors un pré-requis au RIS et le PIIS pourrait devenir un moyen de pression. Cette mesure pénalise les personnes les plus fragiles tels que les analphabètes et les illettrés, qui ne connaissent même pas le contenu des contrats qu’ils signent.

Un constat choquant

Une campagne pointant du doigt le PIIS avait déjà été engagée par le mouvement d’éducation permanente "Lire et Ecrire", il y a 9 mois de cela. Aujourd’hui, après une enquête menée par la structure, le bilan est sans appel : une majorité d’apprenants ne sait même pas qu’ils ont signé un PIIS, ou bien ne connait pas exactement les conditions de leur engagement, à cause d’un vocabulaire juridique beaucoup trop complexe. "Ils risquent donc, plus que d’autres, d’être sanctionnés pour non-respect des clauses de leur contrat faute de l’avoir compris" souligne "Lire et Ecrire" dans La Libre.

Quid de l’accompagnement ?

Dès lors, la question de l’accompagnement de ces personnes par des assistants sociaux se pose. Ces derniers sont débordés et dans l’incapacité d’accompagner de façon optimale les personnes illettrées ou analphabètes. Aucun moyen n’est mis à leurs disposition pour cela. De plus, le PIIS se base sur le principe méritocratique : comment dès lors, un individu, qui souhaite s’investir et s’en sortir, peut s’insérer professionnellement et socialement sans un accompagnement adapté ? Pour le mouvement, "Cette idéologie méritocratique culpabilise et exclut davantage les publics les plus précaires".

Ce mercredi, des apprenants, ainsi que des professionnels, se rendront au cabinet de Willy Borsus. Ils y rencontreront le ministre afin de lui faire part de leurs revendications.

La Rédaction



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