Asile et migration : quelle est la situation en Belgique ?

Asile et migration : quelle est la situation en Belgique ?

Avoir un aperçu précis de la situation en matière d’asile et de migration en Belgique s’avère difficile : il existe de nombreuses sources de données. Tentons d’y voir plus clair à partir d’une analyse effectuée par le Centre pour l’Egalité des Chances et la Lutte contre le racisme.


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De nombreuses sources d’informations

Les étrangers présents en Belgique sont identifiés au sein des différents registres : de la population, des étrangers et d’attente. L’Office des étrangers et les demandes de visas permettent également d’établir une base de données en la matière.

L’immigration et l’émigration depuis la Belgique

La Belgique connaît une mobilité internationale importante tant vers la Belgique qu’au départ de celle-ci et ce, depuis plusieurs décennies. Cependant, depuis les années 2000, la Belgique est confrontée à une augmentation importante d’arrivées de personnes étrangères. La plus grande part de personnes arrivant en Belgique est issue de pays appartenant à l’Union Européenne.

Une évolution des raisons de migration

Le contexte d’arrivée est profondément modifié par rapport aux pics migratoires que la Belgique a pu connaître au cours de l’après-guerre ou dans les années 1960. A une immigration liée au travail ou au regroupement familial, a succédé une immigration liée aux demandes d’asile.

Des arrivées mais pas de retour

A la différence du nombre d’arrivées, en augmentation constante, le nombre de départs des étrangers en séjour légal, est très peu élevé. Diverses raisons sont soulevées, dont la plus fréquente est expliquée par la différence de niveaux de vie entre les pays d’origine et la Belgique. Mais d’autres raisons sont également citées : la crainte d’avoir des difficultés à revenir en Belgique après un retour ou encore l’absence de lien subsistant avec le pays d’origine.

En matière de retours « forcés », la situation est différente : le nombre d’étrangers refoulés est variable d’année en année. Parfois en baisse, parfois en augmentation, la situation n’est pas stable mais concerne pour la majorité, des nationalités d’origine africaine.

Des origines géographiques variées

En dehors des étrangers ressortissant de l’Union Européenne, les migrants les plus représentés en Belgique sont originaires d’Afrique avec une prédominance de personnes d’origine marocaine et congolaise ou d’Asie, en provenance de l’Inde, de Chine, du Japon ou de pays aux situations politiques plus difficiles comme l’Arménie, l’Irak et l’Afghanistan. Ces 3 derniers pays constituent une partie importante des demandeurs d’asile.

Des demandes d’asile en augmentation constante

Depuis les 20 dernières années, les demandes d’asile sont en augmentation constante. Suite à cette augmentation constante, la Belgique a établi, dès 2011, une liste de pays « sûrs ». Mise à jour chaque année, elle permet de traiter plus rapidement les demandes d’asile en provenance de ces pays.

Anne Mauhin



Commentaires - 5 messages
  • Bonjour, s'agissant de la Belgique, il n'est pas juste de dire que les demandes d'asile n'ont cessé d'augmenter les 20 dernières années. Si vous vous reportez aux statistiques reprises sur le site du CGRA, vous constaterez qu'il y a eu 14.353 demandes en 1994, 42.691 en 2000, 11.587 en 2006, 25.479 en 2011, et 14.840 en 2013. Ce nombre est donc très fluctuant en fonction de la situation dans les pays d'origine et des modifications de la réglementation dans les pays d'accueil. La fixation d'une liste de pays dits sûrs dont les ressortissants sont soumis à des procédures accélérées est l'une de ces mesures. Elle est très controversée en raison de l'absence de consensus au niveau européen sur les pays visés (qui témoigne d'un certain arbitraire dans le choix des pays), le fait que ces mesures touchent certains Roms de Balkans victimes de fortes discriminations, et de façon générale qu'elles restreignent encore la possibilité d'obtenir une protection conformément à la convention de Genève. Bien à vous.

    Id jeudi 18 décembre 2014 09:45
  • l'immigration est plus large que les demandeurs d'asile ID. Il y a aussi une grande immigration des pays de l'Europe, des Etats Unis et autres

    Sangonini jeudi 18 décembre 2014 11:46
  • Quoi qu'il en soit, la Belgique n'a plus les moyens d'accueillir une telle masse de réfugiés qui sont en moyenne de l'ordre d'un stade de foot chaque année. Les 3/4 sollicitent à leur arrivée l'aide sociale, le minimum d'existence et bien entendu les allocations pour leurs nombreux enfants. Coût moyen annuel de l'opération : entre 300 et 400 millions d'Euros. Comme ils ne rentrent guère dans leur pays, cette rente augmente et après 5 ans vous avez entre 1,5 et 2 milliards d'Euros. Quand on pense que la région wallonne peine à trouver 300 millions d'Euros... Sans compter les 260 millions d'Euros versés annuellement à la République Démocratique du Congo : On appelle cela de l'Aide au Développement. Bientôt, ce sera à notre tour de faire appel pour nous aider à survivre... mais la solidarité ne sera pas garantie

    Clodel jeudi 18 décembre 2014 17:43
  • Commencer á plier bagages mon cher ami, le moment est déjá arrivé pour aller demander asile au tiers monde pour les européens...

    babdoul64 vendredi 19 décembre 2014 01:12
  • Ce qui est regrettable est de voir que certains se contentent des commentaires faciles sur des problèmes qui engagent pourtant très sérieusement la vie de personnes qui ne demandent qu'à vivre dignement. S'il est vrai que beaucoup de personnes partent de chez elles pour des raisons économiques comme l'ont fait à d'autres époques, les Européens partis conquérir le monde quand ça allait moins bien chez eux, il ne reste pas moins vrai que les raisons qui poussent ceux des demandeurs d'asile qui frappent aux portes de la Belgique pour des raisons entrant parfaitement dans les conditions prévues dans les conventions internationales régissant la matière d'asile auraient pu être évitées si les pays vers lesquels affluent les demandeurs d'asile et c'est le cas de la Belgique, n'avaient pas soutenu, au moins à certains moments, des dictatures de par le monde.
    On a beau jeu aujourd'hui de ne montrer que les effets délétères sur les finances publiques de la présence des réfugiés et des demandeurs d'asile, on oublie que ces effets ne sont que la conséquence de certaines politiques qui auraient pu être évitées. Pire, au jour d'aujourd'hui, il reste plusieurs dictatures de par le monde qui continuent à être ménagées et soutenues par les pays vers lesquels les demandeurs d'asile convergent, au mépris de ce que ces dictatures font vivre à leurs populations autant sur le point de vue politique (malheur à ceux qui oseraient penser de façon contraire au dictateur), culturelle (on voit les chrétiens d'Irak et les Yazidi pourchassés, enlevés, réduits en esclavage et massacrés parce qu'ils ont commis le crime suprême de ne pas accepter de se convertir) ou économique (il n'est un secret pour personne que dans une dictature, ceux qui sont proches du dictateur sont aussi ceux qui profitent des biens du pays, on a tous vu à, la télévision la richesse insolente qu'avait accumulé le clan de l'ex dictateur tunisien après qu'il ait quitté le pays).
    Il faut savoir ce qu'on veut. Maintenir des dictatures en place pour des raisons obscures et accepter sans jérémiades de recevoir leurs victimes, les demandeurs d'asile ayant réussi à les échapper, ou réellement aider à combattre ces dictatures et réduire le flux des demandeurs d'asile. A méditer.

    futé mercredi 24 décembre 2014 16:13

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