Associatif : dur dur le bilan !

Associatif: dur dur le bilan!

La Fondation Roi Baudouin vient de publier son 6e baromètre relatif à la situation financière du monde associatif. Bilan : les temps sont durs, les subsides réduits, mais l’espoir d’une amélioration en vue !

L’associatif constitue un secteur économique important en Belgique, fort pourvoyeur d’emplois, mais aussi tributaire des subsides publics qui ont été fortement réduits depuis le début de la crise. Dans le cadre de son étude annuelle, réalisée par le bureau Ipsos Public Affaires, la Fondation Roi Baudouin a enquêté auprès de 700 directeurs d’associations. Un tiers d’entre elles appartenant au secteur social, 24% à celui de la santé, 19% à la sphère culturelle, 14% dans la coopération et le développement et 11% active dans le domaine de l’environnement.

Subsides en baisse

Premier constat, quelque peu attendu : la “râpe à fromage” budgétaire des pouvoirs publics fait mal aux associations ! Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 38% d’entre elles ont vu les subsides publics permanents diminuer au cours des 12 mois précédents, parmi lesquelles 30% sont situées en Wallonie, contre 47% en Flandre. Ce sont principalement les secteurs culturels et environnementaux qui ont été les plus touchés. La réduction de 1 à 10% des subsides structurels, selon les associations, s’est échelonnée sur plusieurs années d’après la méthode dite de la “râpe à fromage”. Selon le directeur d’une association, “cette technique a comme avantage que la charge est à portée de tout le monde. Mais parfois, 10% en moins suffisent déjà pour devoir arrêter des activités”. La part des subsides publics dans les revenus totaux des associations est passée de 57% en 2012 à 48% en 2015.

Recherche ressources alternatives

La réduction des subsides a contraint nombre d’associations à rechercher d’autres sources de revenus, mais cela ne constitue pas une sinécure. La démarche n’est pas aisée pour le secteur et bouscule la manière de travailler. Tout d’abord, le financement des pouvoirs publics s’est quelque peu reconcentré sur une subsidiation par projet. Conséquences : les associations doivent davantage penser en termes de projet, ce qui a un impact sur l’engagement qui est tributaire des projets obtenus et se situe davantage dans une réflexion à court terme. De plus, le secteur associatif redoute que les pouvoirs publics n’emploient cette méthode en vue de faire réaliser leurs propres objectifs sociétaux par les associations, en les plaçant de surcroît en compétition.

Le secteur privé : nouveau partenaire

A côté des financements par projets, les associations se sont également tournées vers des institutions et entreprises privées pour leur financement. Mais là encore, cela modifie sensiblement leur mode de fonctionnement. Elles doivent dès lors se montrer plus attractives, ce qui ne faisait pas partie de leurs préoccupations auparavant, mais aussi garantir leurs résultats, se professionnaliser et adopter des méthodes du secteur privé.

Une pointe d’espoir ?

En 2014, 67% des organisations interrogées s’attendaient à une dégradation de la situation, contre 58% en 2015. Il semblerait que les associations estiment aussi qu’elles ont touché le fond et que même si elles s’attendent à des difficultés dans les années à venir, une certaine confiance se réinstalle, notamment grâce au fait que le secteur s’adapte et se réinvente.

Sandra Evrard

Infos : Fondation Roi Baudouin



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