Auderghem : l'orthopédagogie débarque dans l'enseignement ordinaire

Auderghem : l'orthopédagogie débarque dans l'enseignement ordinaire

Inédit en Belgique francophone : une commune vient d’engager une orthopédagogue dans ses écoles maternelles et primaires. L’idée est de repérer au plus tôt les difficultés d’apprentissage des enfants pour augmenter leurs chances de réussite.

Pauline Cougnet est orthopédagogue. Elle est la seule en Belgique francophone à exercer dans l’enseignement ordinaire. La commune d’Auderghem vient de l’engager pour venir en aide aux enfants en difficultés d’apprentissage. Depuis le début de l’année scolaire, la spécialiste pratique son activité au sein des 4 écoles fondamentales de la commune.

Déceler les difficultés au plus tôt

Afin de ne pas passer à côté d’une difficulté ou d’un trouble d’apprentissage, le travail de l’orthopédagogue est réalisé à partir de la 3e maternelle. "Au plus tôt on repère les difficultés, au mieux c’est", précise Pauline Cougnet au Soir. "En aidant les élèves dès le plus jeune âge, on augmente leurs chances de réussite". Il ne s’agit pas non plus de les stigmatiser immédiatement : "Mon rôle est de repérer les difficultés sans mettre d’étiquette. Cela permet d’avoir un autre regard sur l’enfant et d’éviter de l’envoyer trop rapidement dans l’enseignement spécialisé", poursuit la spécialiste. D’ailleurs, sa méthode de travail souligne également les atouts de l’enfant afin de le valoriser et de lui redonner confiance en lui.

Travail d’équipe

Pour parvenir à identifier plus rapidement les élèves en difficultés, l’orthopédagogue a besoin de l’aide des professeurs. Après un temps d’observation, ils sont appelés à remplir une grille d’analyse pour chaque élève. Cette dernière prend en compte l’apprentissage, le comportement et la sociabilité. "Sur une année scolaire, il y a d’abord une période de repérage par l’enseignant. Grâce à la grille, on peut voir les difficultés des enfants", explique P. Cougnet. Lorsque le professeur constate qu’un élève est en difficulté, il le signale à l’orthopédagogue qui vient immédiatement observer l’enfant dans sa classe. La spécialiste réfléchit avec le professeur à des objectifs à lui faire atteindre et propose des outils à mettre en place : "Pour les troubles de l’attention par exemple, on peut proposer à l’élève de mettre un casque lorsqu’il doit travailler de manière individuelle".

Orthopédagogie, quèsaco ?

La profession d’orthopédagogue se pratique majoritairement dans l’enseignement spécialisé. Pour Pauline Cougnet, institutrice primaire de formation, le métier devrait davantage s’exercer dans les écoles normales : "Les professeurs de l’enseignement ordinaire sont souvent démunis face aux enfants en difficultés. Alors que dans l’enseignement spécialisé, ils ont déjà des outils". L’orthopédagogue est chargé de déceler les troubles éventuels d’apprentissage chez l’enfant. Contrairement au logopède, il ne pose pas diagnostic. Il se contente de l’aider à vivre au mieux dans sa classe et si vraiment le problème est trop profond, il orientera l’élève vers un autre spécialiste.



Ajouter un commentaire à l'article





« Retour

Pour votre facilité, ce site utilise les cookies conformément à nos conditions générales.