Autisme : où en est-on ?

Autisme : où en est-on ?

Dans le cadre de la semaine des Aidants proches, plusieurs activités prennent place, dont une après-midi de réflexion pour les besoins des familles avec une personne autiste.

L’autisme est encore méconnu, même par la communauté scientifique, qui le définit comme un trouble grave du comportement cérébral, dont les causes sont biologiques et génétiques. Ce n’est donc pas une maladie mentale, mais un handicap. Véritable problème de santé publique pour les associations, les solutions tardent et restent trop souvent dans l’abstrait. Dans le cadre de la semaine des Aidants proches, l’Association Socialiste de la Personne Handicapée de Liège propose une après-midi de réflexion sur les besoins des familles avec une personne autiste.

Où en est-on ?

Des avancées ont été faites : un Plan autisme a été présenté en avril par le ministre wallon en charge de l’Action sociale, Maxime Prévôt, en vue de plus d’inclusion des personnes autistes dans la société. A la capitale, le gouvernement bruxellois proposait un plan « Handi Cap Inclusion » fin du mois de juin. Dans cette optique, début septembre 2016, deux classes maternelles ont ouvert leurs portes aux enfants autistes à l’Institut Decroly. Cependant, le secteur reste toujours en manque de places et de solutions durables pour permettre aux aidants de « souffler ». L’autisme restant méconnu, les solutions proposées ne sont pas à la hauteur du problème.

Le diagnostic

Le diagnostic du trouble autistique est déjà un premier souci. Suite au Plan autisme, de nombreuses réactions venant du secteur se sont fait entendre. Pointé du doigt, notamment, le manque de cohérence du ministre qui proposait de ne pas enfermer l’enfant dans un diagnostic avant 2 ans, mais qui prônait un dépistage le plus précoce possible. Pour Cinzia Tolfo, responsable de la plateforme Inforautisme, cela n’avait aucun sens. « En fonction de l’approche, il n’y a aucun souci pour l’enfant d’être dépisté très tôt et c’est même important de le faire. Il est évident que si on adopte une approche médicamenteuse, psychiatrique, c’est très mauvais (et d’ailleurs, cela ne vaut pas uniquement pour l’autisme). Mais si on a une démarche comportementaliste, il n’y a aucun danger. »

Les outils de dépistage EXISTENT

Gardant à l’esprit que l’autisme est encore méconnu et qu’un cas n’est pas l‘autre, certaines méthodes de dépistage existent cependant et elles ont fait leurs preuves : c’est le cas notamment des tests CHAT et M-CHAT. Le premier, Check-List for Autism in Toddlers, est constitué de deux questionnaires : l’un réservé aux parents, l’autre au travailleur social ou au médecin. Ce test a permis la détection de 4 cas d’autisme chez le groupe d’enfants à risque. Le diagnostic a ensuite été confirmé à l’âge de 30 mois. Le second, Modified Check-List for Autism in Toddlers a été confirmé sur près de 1300 enfants. Ces deux tests établissent l’absence de certains comportements pouvant être dus à l’autisme tels que l’absence d’intérêt social, de jeu social, d’attention conjointe…

Quels besoins ?

Dans le cadre de la semaine des Aidants proches, l’ASPH de Liège propose aux familles qui ont un enfant autiste et aux professionnels du secteur une après-midi de réflexion sur leurs besoins réels. A travers divers témoignages, l’ASPH souhaite relayer la réalité de la situation quotidienne de ces familles aux pouvoirs décideurs et ouvrir le dialogue. Dans le futur, cela permettra peut-être d’éviter un nouveau plan autisme pour lequel, selon C. Tolfo « Nous avons été reçus au Cabinet du Ministre, nous avons dit ce que nous voulions dans le Plan et c’est tout. Nous n’avons jamais vu de projet. Nous n’y retrouvons quasiment rien de ce que nous demandions. »

Plus d’informations sur l’après-midi de réflexion de l’ASPH de Liège dans notre rubrique Agenda



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