Bachelier en psychomotricité : le vide juridique bientôt comblé ?

Bachelier en psychomotricité : le vide juridique bientôt comblé?

"Plus d’un millier d’étudiants et jeunes diplômés en psychomotricité pâtissent de la non reconnaissance de leur diplôme". C’est ce qu’ont rapporté plusieurs médias lundi. Le Ministre Marcourt assure aujourd’hui ne pas abandonner les futurs psychomotriciens.

Suite au ramdam médiatique concernant la formation des futurs psychomotriciens, le Ministre de l’Enseignement supérieur, Jean-Claude Marcourt s’est exprimé : "Des discussions sont en cours avec le cabinet de la ministre fédérale de la Santé Maggie De Block - et les Hautes écoles". D’après lui, deux pistes sont envisageables : soit une reconnaissance de la profession par la ministre fédérale de la Santé, soit le lancement de passerelles pour orienter les psychomotriciens vers d’autres filières d’études paramédicales. Il poursuit : "Il faut examiner les moyens de valoriser les crédits que ces étudiants ont déjà acquis et les aider à décrocher un diplôme valorisable dans le domaine de la santé".

Une différence de formation

A l’origine du problème : un bachelier en psychomotricité qui existe dans l’enseignement francophone mais pas en Flandre. Dans le nord du pays, les kinés et éducateurs suivent une spécialisation pour pouvoir pratiquer la psychomotricité. En FWB, c’est la tendance européenne qui domine. A cet effet, le ministre Marcourt (PS), avait créé un bachelier en psychomotricité en 2012. Laurette Onkelinx, ministre de la Santé en fonction à l’époque, avait proposé de reconnaitre la psychomotricité comme profession paramédicale au sens de la loi sur les métiers de la santé. Après réflexion, la Commission nationale des professions paramédicales avait émis un avis défavorable, pointant du doigt les différences de formation entre la Flandre et la partie francophone du pays.

Quels débouchés ?

Sans titre officiellement reconnu, les débouchés professionnels, académiques mais aussi de mobilité sont donc aujourd’hui restreints. Certains arrivent tout de même à faire carrière en tant qu’indépendant ou en faisant reconnaitre individuellement leurs compétences. Ilknur Devici, adjointe au chef du département de la pédagogie à la Haute Ecole Léonard de Vinci confiait au micro de la RTBF ce midi qu’"un tiers des étudiants ont trouvé un travail après être sortis des études". Une preuve que la démarche doit aussi venir de des étudiants, selon elle. Pourtant la demande est là. D’après Anne Taymans, présidente de l’Union professionnelle Belge des Psychomotriciens Francophones (UPBPF), les employeurs seraient prêts à engager des psychomotriciens mais le vide juridique les inquiète. "Ils s’interrogent sur les matières relatives au barème, se demandent s’il est possible d’assimiler les psychomotriciens aux paramédicaux..."

Le droit des étudiants à être informés

M. Marcourt a avancé que les Hautes écoles étaient bien au courant de l’incertitude concernant la valorisation des diplômes mais qu’elles n’ont pas informé leurs nouveaux étudiants de ce vide juridique. Le ministre a pourtant affirmé leur avoir explicitement demandé par courrier de prévenir les étudiants des risques dès leur première inscription. Pour éviter que le nombre d’inscriptions diminue, les hautes écoles ont fait le choix de la prudence au détriment des étudiants. La Fédération des Etudiants Francophones (FEF) demande aujourd’hui à ce que le droit des étudiants à être informés soit respecté : "Nous exigeons une information claire est objective sur l’état de la reconnaissance professionnelle du métier", a déclaré à la RTBF Brieuc Wathelet, président la FEF.

Quelles suites ?

Wathelet a expliqué que la création d’un certain nombre de spécialisations et de masters pour psychomotriciens est envisageable pour le Ministre-Président de la FWB, Rudy Demotte, qui a reçu la FEF ce matin. Quant à la l’UPBPF, nos confrères de la RTBF nous confirment que sa directrice sera entendue la semaine prochaine au cabinet du ministre Marcourt…Affaire à suivre !

Le « Forum de midi » sur La Première a consacré une intéressante mission à ce sujet. Pour l’écouter : http://www.rtbf.be/radio/podcast/player ?id=2090661&channel=lapremiere



Commentaires - 2 messages
  • merci d'en parler :) par contre la photo choisie en dit long sur l'ignorance de ce qu'est la PSYCHO-motricité

    laurencefa jeudi 10 mars 2016 20:16
  • Ma fille avait trouvé un emploi en tant que psychomotricienne, or au vu du vide juridique, elle vient de perdre son emploi et terminera donc ses fonctions dès la fin du mois. Bravo, c'est ça motiver les jeunes qui sont passionnés par leur profession. Le pays n'avantage t'il pas plus de rester sans emploi ? Elle se pose la question : "Que vont devenir mes petits patients ? Cette question notre gouvernement se l'est il posée pour tous les psychomotriciens qui se retrouveront sans emploi et ébranlés pas cet abus de confiance par rapport à la décision de Maggie Be Block et JC Marcourt ? Osons espérer qu'ils comprendront tous deux l'importance de cette profession pour beaucoup de patients en souffrance.Car eux aussi ont la porte qui se ferme à leur nez. McM

    mcm jeudi 18 août 2016 13:57

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