Bientôt des hospitalisations à domicile

Bientôt des hospitalisations à domicile

La très réformatrice Ministre de la santé publique a récemment présenté un projet d’hospitalisation à domicile. Celui-ci est reçu favorablement par le centre fédéral d’expertise en soins de santé, mais sous certaines conditions.

L’hospitalisation à domicile (HAD) devrait bientôt être d’application en Belgique. Cette pratique qui consiste à délivrer à domicile des soins spécialisés qui ne sont normalement délivrés qu’à l’hôpital, existe déjà en France et dans d’autres pays étrangers, comme l’Espagne ou la Scandinavie. Le centre fédéral d’expertise en soins de santé (KCE) se montre favorable au projet de la Ministre. Mais il préconise de préalablement le tester sous forme de projets pilotes, en fonction des moyens disponibles, avant de le généraliser à l’ensemble du pays. Certaines initiatives existent déjà, mais elles sont isolées et ne possède pas de cadre commun. La nécessité d’organiser un cadre clair s’impose.

Un environnement salubre

Plusieurs critères sont en effet nécessaires pour que les soins apportés en dehors du milieu hospitalier classique, puissent s’exercer dans des conditions optimales et encadrées. Le premier critère concerne bien entendu la disponibilité de personnel qualifié pour soigner le patient à son domicile. Mais la décision d’une hospitalisation dans une maison peut aussi être conditionnée au lieu de vie, qui doit présenter un niveau de salubrité acceptable pour que les soins puissent être prodigués sans danger. La décision est donc prise par le personnel de l’hôpital, en concertation avec le médecin du patient et ce dernier, évidemment.

Réduction de coûts

Pour la Ministre, il s’agit de poursuivre sa politique de réduction des frais de soins de santé, puisque la formule d’hospitalisation à domicile est moins coûteuse qu’en institution. Une journée à l’hôpital coûtant en moyenne 1000€ par personne. L’hospitalisation à domicile permettrait aussi de libérer des lits, qui font souvent défaut en institution et de réduire les durées de séjour à l’hôpital. Une étude commandée par le KCE précise que « deux approches se dégagent autour de ce projet : soit c’est l’hôpital qui « sort de ses murs » pour dispenser des soins au domicile des patients, soit ce sont les soignants de première ligne (médecins généralistes, infirmiers à domicile, kinésithérapeutes...) qui se spécialisent pour donner ces soins. Les deux approches recueillent des avis positifs, mais c’est probablement un modèle mixte, impliquant une étroite collaboration entre différents acteurs, qui semble préférable aux yeux de tous ».

Accueil plutôt favorable

L’HAD reçoit également un accueil favorable de plusieurs acteurs du secteur, comme celui de la Fédération des CSD (Centrales de Services à Domicile), qui avait déjà introduit un projet auprès de l’INAMI. La Fédération souhaitait que 6 projets pilotes de minimum 3 années soient développés au niveau national, avec un répartition équitable milieu rural/urbain. Certains projets sont d’ailleurs en phase de test, notamment avec l’hôpital Epicura d’Ath.

A l’écoute du patient

Les centrales de services à domicile assurent bien entendu déjà une série de soins chez les patients. L’HAD pourrait s’inscrire dans une démarche parallèle, si le bénéficiaire le souhaite. Certains patients sont en effet désireux de demeurer au maximum chez eux, en cas de pathologie ou suite à une intervention, alors que d’autres se sentent rassurés par l’encadrement et le matériel disponible en milieu hospitalier. L’hospitalisation à domicile serait une solution pour les personnes contagieuses, généralement isolées dans leur chambre d’hôpital. Pour d’autres, cela permettrait d’éviter les risques d’exposition aux infections nosocomiales.

Le matériel n’est pas un obstacle

Un nombre important de soins peuvent être apportés à domicile, comme les intraveineuses ou les injections. Certains patients doivent parfois poursuivre une hospitalisation pour ces motifs-là uniquement, alors qu’ils pourraient rentrer chez eux, moyennant un suivi adéquat. L’apport ou la location temporaire du matériel nécessaire (chaise-percée, pieds à perfusion, fauteuils et lits adaptés, etc.) ne constitue pas un frein à cette démarche. Outres les services de soins médicaux et para-médicaux, à proprement parler, l’ensemble des prestations proposées à l’hôpital (repas, nettoyage, assistance de secours) peuvent aussi être assurées à domicile. Par contre, les phases aiguës seront toujours suivies à l’hôpital.



Ajouter un commentaire à l'article





« Retour

Pour votre facilité, ce site utilise les cookies conformément à nos conditions générales.