Bientôt une nouvelle IPPJ à Bruxelles

Bientôt une nouvelle IPPJ à Bruxelles

La Commission parlementaire de l’Aide à la Jeunesse se réunissait la semaine dernière. Parmi les questions posées au ministre Rachid Madrane celle de la création d’une nouvelle IPPJ à Bruxelles, ainsi que la mise en place de l’accompagnement post-institutionnel (API).

Lors de la Commission parlementaire de l’Aide à la jeunesse qui a pris place la semaine dernière, le Député cdH André du Bus a interrogé le ministre en charge, Rachid Madrane, au sujet de l’avancement de la création d’une nouvelle Institution Publique de Protection de la Jeunesse (IPPJ) dans la capitale, ainsi qu’à propos de la mise en place de l’accompagnement post-institutionnel (API). Les jeunes visés par cet API sont, entre autres, ceux qui ont été placés pour des faits de radicalisme ; placements en augmentation en 2016, suite aux diverses enquêtes de surveillance.

Une IPPJ mixte

Actuellement, il existe une seule IPPJ pour filles en FWB, qui se trouve à Saint-Servais. Cela engendre certains problèmes, dans le cas où une jeune fille doit être déplacée suite à un incident. Rachid Madrane prévoit donc, pour la nouvelle structure bruxelloise « qu’une unité au sein de cette IPPJ soit réservée aux jeunes filles et que des activités communes aux deux sexes pourront y être organisées, ce qui se fait dans de nombreux pays. Je ne vois pas pourquoi les IPPJ devraient être unisexes. »

L’API désormais obligatoire

Également source de discussions dans le projet pédagogique de la nouvelle structure : l’accompagnement post-institutionnel. Pour le Député André du Bus, il est une nécessité et ce dernier insiste sur son intérêt. « Ce suivi permet de poursuivre, avec le jeune, le travail entrepris à l’intérieur des centres et de l’amener à sa fin de manière progressive ». Cependant, jusqu’à présent, l’API se faisait avec l’accord du jeune. Depuis les récents évènements, Rachid Madrane a décidé de le rendre obligatoire pour les jeunes présentant un certain profil, ceux « poursuivis pour un fait de « participation à des activités terroristes », soupçonnés donc de radicalisation ». Mais le ministre tempère : « Par contre, lorsque ce soupçon est finalement non-fondé, l’accompagnement post-IPPJ n’est alors pas indispensable, d’autant plus lorsque le jeune peut compter sur un environnement familial positif. »

Une priorité absolue

Le Député cdH a également interpellé Rachid Madrane, précisant « Il y a un an, moins d’un quart des jeunes faisaient l’objet d’un suivi lorsqu’ils sortaient d’une IPPJ. La raison invoquée était la base volontaire sur laquelle reposait leur accompagnement. Qu’en est-il à l’heure actuelle » ? Pour le ministre, il faut « impérativement pouvoir consolider les acquis d’un placement en IPPJ lorsque l’équipe pluridisciplinaire et le juge de la jeunesse estiment que cela est nécessaire. […] Mon administration a organisé récemment une consultation avec les juges de la jeunesse sur les besoins prioritaires à rencontrer. Le résultat […] démontre la nécessité de favoriser la mesure d’accompagnement du jeune et de sa famille dans un objectif de prévention de la récidive. L’optique est de réagir rapidement aux premiers faits de délinquance en apportant un soutien… »

Des services en sous-effectifs

Pour pouvoir mener à bien leurs missions d’accompagnement, le ministre avait promis au secteur un renforcement en personnel et en moyens financiers. Ce qu’il a confirmé au Député, en expliquant que « les recrutements dont vous faites mention seront lancés d’ici peu. Les moyens que j’ai obtenus pour intensifier l’accompagnement du jeune et de leur [sic] famille seront donc affectés en conséquence. La répartition géographique de ces moyens est en cours ». Le ministre n’a toutefois pas précisé à combien s’élevait le budget dont il disposait.

L’importance de partager les expériences

Face à ce problème -relativement nouveau- le Député cdH s’interroge quant aux moyens mis en œuvre afin d’ouvrir le champ de la réflexion et partager les expériences avec les autres pays concernés par ce genre de situation. Pour M. du Bus, « Les mesures d’accompagnement post-institutionnel intéressent beaucoup d’acteurs en dehors de notre FWB, du côté flamand et même peut-être dans d’autres pays. […] Que fait-on en Flandre, en France, aux Pays-Bas et en Allemagne face à ce problème d’envergure internationale ? Il serait judicieux de mutualiser les expériences positives. »



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