Bonne élève en matière d'inclusion, l'UCL veut encore s'améliorer

Bonne élève en matière d'inclusion, l'UCL veut encore s'améliorer

L’UCL fête les 25 ans de son service d’accompagnement pour les étudiants en situation de handicap. Si elle donne l’exemple en matière d’inclusion, des progrès sont néanmoins encore attendus.

Les manquements en matière d’inclusion des personnes handicapées en Belgique ont plusieurs fois été pointés du doigt. Selon le Conseil de l’Europe notamment, le pays ne respecterait pas les droits des handicapés à l’autonomie de vie et à l’inclusion dans la société. Aussi bien à Bruxelles, qu’en Wallonie. Plus spécifiquement, l’accompagnement dans les universités et hautes écoles pour les étudiants en situation de handicap pose également problème. L’UCL, qui fête les 25 ans de son système d’inclusion, entend bien continuer à favoriser l’équité entre ses étudiants.

L’équité fait doucement son chemin

Depuis l’année académique 2014-2015, la communauté française a imposé par décret aux universités et aux hautes écoles l’obligation d’intégrer les étudiants en situation de handicap. Si avant le décret, les établissements étaient libres d’aménager ou pas des infrastructures adaptées, ils doivent à présent obligatoirement prévoir une vraie politique inclusive. Interrogé par La Libre, Maxime Mori, le président de la Fédération des Etudiants Francophones, explique : "Ce décret fut un véritable coup de pouce pour favoriser une plus grande équité entre les étudiants. Mais sa mise en œuvre est difficile dans certains établissements. Les réponses apportées le sont encore un peu au cas par cas. Les sensibilités diffèrent sur le terrain entre les établissements, les profs, ou en fonction du handicap."

Universités : meilleures élèves que les hautes écoles

Grâce à leurs grandes tailles et à la longue tradition d’accompagnement qui les précèdent, les universités sont bien meilleures élèves que les hautes écoles en la matière. En effet, l’UMons, l’une des pionnières, l’ULG, l’ULB ou l’UCL, qui fête cette année les 25 ans de son système d’accompagnement, n’ont pas à rougir des infrastructures qu’elles proposent à leurs étudiants à besoins spécifiques.

Statut Peps

En 2011, l’UCL s’est d’ailleurs faite remarquée grâce à la création du statut Peps ou "Projet pour étudiants profils spécifiques". "Ce qui a changé avec ce statut, c’est qu’auparavant l’étudiant devait négocier par lui-même avec chaque prof pour bénéficier d’aménagements raisonnables. Ce n’était facile ni pour lui, ni pour le prof de juger de la réponse la plus adéquate à donner. Désormais, quand il bénéficie du statut Peps que lui a octroyé une commission d’experts, c’est le jury du programme que suit l’étudiant qui décide des aménagements", précise à La Libre, Didier Lambert, vice-recteur aux affaires étudiantes. Aujourd’hui, près de 300 étudiants bénéficient de ce statut au sein de l’établissement.

Les défis de demain

Même si toutes ces avancées sont positives et non négligeables, la route pour atteindre l’équité risque de prendre encore beaucoup de temps. Les principaux manquements se situent dans "l’après étude" : "Au niveau de l’UCL, c’est en effet pour préparer l’étudiant à affronter ce monde professionnel et à s’y insérer que l’on doit encore travailler", confie Didier Lambert. Pour réfléchir plus sérieusement à cette problématique, mais également pour parler des différentes pédagogies inclusives qui pourraient être mises en place à l’avenir, l’UCL vient d’organiser un colloque. Il a notamment évoqué l’expérience de la "pédagogie universelle" qui incite à penser l’inclusion en amont et non pas après coup, comme les écoles le font la plupart du temps.

La rédaction



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