Cohésion sociale : quels subsides pour les ASBL ?

Cohésion sociale: quels subsides pour les ASBL ?

Le "vivre ensemble"est une priorité au programme du quinquennat 2016-2020 de la cohésion sociale bruxelloise. Une thématique ambitieuse qui inquiète autant qu’elle inspire les ASBL, car la Cocof a déjà déclaré qu’il n’y aura pas d’augmentation des budgets.

Les quelque 200 ASBL attachées à la politique de cohésion sociale bruxelloise, réparties dans les 13 communes dites "fragilisées", ont jusqu’au 27 février pour rendre leurs projets quinquennaux. Le quinquennat 2016-2020 annonce un programme ambitieux, rendant la priorité au "vivre ensemble". Une thématique transversale réhabilitée par la conjoncture actuelle, qui promet de nombreux défis à relever pour les acteurs sociaux. Or, alors qu’on attend des ASBL qu’elles en fassent toujours plus, aucune levée de fonds supplémentaires n’est à l’horizon.

Un nouveau programme pour 2016

Les objectifs de la politique de cohésion sociale à Bruxelles seront revus à la hausse en 2016. En plus du "soutien scolaire", de "l’alphabétisation et l’apprentissage du français des adultes", et de "l’accompagnement des primo-arrivants", s’ajoutent désormais la "citoyenneté interculturelle", et le "vivre ensemble". La Cocof prend donc en main la problématique de l’immigration, alors que la "citoyenneté interculturelle" vise la prise en charge des migrants en difficulté qui ne sont pas considérés comme "primo-arrivants". Aussi, à l’époque du cabinet de Charles Picqué, certains acteurs sociaux avaient déploré de voir le "vivre ensemble" doté d’un statut transversal subalterne. Selon les informations du Conseil Bruxellois de Coordination Sociopolitique (CBCS), ils estimaient les subsides insuffisants pour animer la vie de quartier interculturelle, et dénonçaient " une vision utilitariste de la cohésion sociale."

Priorité au "vivre ensemble"

Si ce rééquilibre répond à une nécessité sociale, ce n’est pas sans souligner la fragmentation identitaire et la souffrance d’une multiculturalité qui ne s’entend plus. Pour le CBSC, Alexandre Ansay, coordinateur du CRACs, explique le bien-fondé de ces nouvelles priorités : « Elles devraient permettre en partie de revenir sur la tendance politique qui considérait que l’enjeu de la cohésion sociale était de renforcer les capacités individuelles des personnes. Si nous insistons sur la citoyenneté, sur le vivre ensemble, c’est qu’il existe une tentation de tout miser sur l’individu, comme si la politique sociale devait produire des êtres compétitifs, méritants, comme si le monde ne pouvait être qu’un système concurrentiel. »

Il s’agit également de doter d’un "cadrage méthodologique" les activités proposées par le monde associatif sous cette thématique, pour remédier à l’instrumentalisation de la cohésion sociale reprochée à l’ancien quinquennat. Loin d’être un retour en arrière, le retour du "vivre ensemble" comme thématique phare va permettre aux associations d’organiser des activités multiculturelles plus librement, sans l’obligation de travailler avec un public issu d’autres actions prioritaires.

Des moyens toujours limités

En définitive, les ASBL doivent déjà retrousser leurs manches pour mettre sur pied un projet d’ici fin février, subsides à la clé. La Cocof a doté Bruxelles d’un programme complet et ambitieux, touchant à tous les sujets sensibles, du radicalisme à l’analphabétisme, en passant par la tolérance et l’intégration sociale. Multiculturelle par essence, Bruxelles doit se réconcilier avec ses multiples visages. Une initiative pourtant compromise par la décision de la Cocof de ne pas augmenter les subsides pour les communes concernées. La sélection dans le programme est une question de survie pour certaines ASBL bruxelloises, et toutes s’inquiètent de ne pouvoir tenir à flot un projet répondant aux exigences de la Cocof.

Réussir la cohésion sociale

Alarmée par le statut précaire des ASBL bruxelloises, Claire Vandevivere, échevin de l’Intégration, la Cohésion sociale, et l’Egalité des chances à Jette, a adressé ce mercredi un appel au gouvernement bruxellois dans les colonnes de La Libre. Mme Vandedivere a également regretté l’absence de structures prévues pour l’accueil des immigrants, qui se limiteront à "deux bureaux d’accueil pour tout Bruxelles". Selon l’échevine de Jette, il faut "joindre les actes à la parole" et doter les acteurs sociaux du soutien nécessaire pour rendre à Bruxelles l’espoir d’une réconciliation sociale. La balle est dans le camp de la Cocof.

Florence Monnoyer de Galland



Commentaires - 1 message
  • Je suis sur le point de créer une abl avec différents projets dont un qui est de sensibiliser les jeunes dés la maternel à leur language,leur pensee et les rendre responsable de leurs études par des techniques de PNL
    Puis je envoyer le projet pour le 27 février alors que l asbl sera formée mars 2015.
    Bien à vous

    7noah jeudi 19 février 2015 21:41

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