Consultation sociale : à profil spécifique, réponse spécifique

Consultation sociale : à profil spécifique, réponse spécifique

Devant un marché du travail saturé, tous les demandeurs d’emploi ne sont pas sur un pied d’égalité. Personnes handicapées, anciens détenus, personnes atteintes de troubles psychiques, etc. Certains facteurs entravent la recherche d’emploi. C’est pourquoi un service de consultation sociale existe pour les profils spécifiques.


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Le service de consultation sociale est spécialisé dans l’accompagnement de chercheurs d’emploi qui éprouvent des difficultés à trouver ou à garder un travail en raison d’un handicap, d’un problème psychologique ou d’un obstacle comportemental. Cette assistance a été mise en place dans le cadre de la guidance RAE (Recherche Active d’Emploi) et est portée par les organismes bruxellois et wallon d’emploi, respectivement Actiris et le Forem.

Un soutien dans ses démarches

Les mesures d’accompagnement de ce public spécifique visent à un parcours d’insertion personnalisé qui comprend des séances d’accueil, des actions de détermination de projet professionnel et d’accompagnement intensif. Les assistants sociaux et conseillers emploi qui participent à l’intégration professionnelle ou à l’accès à la formation de ces personnes tiennent compte de la nature et du degré du handicap, ainsi que de l’impact sur la mise à l’emploi.

Par ailleurs, les organismes publics d’emploi collaborent régulièrement avec des associations spécialisées dans le type de publics qu’ils rencontrent. Aussi, pour les personnes atteintes d’un hancipap, le Forem fait souvent appel à l’AWIPH (Agence Wallonne pour l’Intégration des Personnes Handicapées) qui intervient en soutien afin de favoriser l’emploi et le maintien à l’emploi de ces personnes. La mission de l’AWIPH prend la forme de campagnes de sensibilisation auprès des employeurs, d’aménagement du poste de travail, d’interventions financières ou encore d’ initiatives particulières telles que le projet de transition 16/25, le Hand’in Job ou le duo day.

Après la prison, la réinsertion...

Des associations aident et accompagnent également les détenus et ex-détenus dans la quête d’un emploi. C’est le cas de l’asbl APRES (Apprentissage Professionnel, Réinsertion Économique et Sociale), une asbl bruxelloise qui œuvre intra et extra-muros. Aussi l’asbl accueille dans ses locaux des personnes avec un casier judiciaire qui viennent d’être libérées, elle organise aussi des permanences dans les prisons pour répondre aux demandes de prisonniers. Ensemble, ils travaillent à un projet professionnel cohérent. « Il s’agit d’un projet sur le long terme et non juste d’un projet pour sortir de prison », souligne un des intervenants psychosociaux de l’asbl.

Dans un tel contexte, les préjugés ont malheureusement la vie dure. L’asbl APRES regrette effectivement que la plupart des entreprises, tant privées que publiques, se cantonnent au certificat de bonne vie et mœurs sans aller au-delà dans l’analyse des compétences et qualités du candidat. Beaucoup d’ex-détenus sont motivés et désirent tourner la page. Leur certificat de bonne vie et mœurs est cependant souvent un frein à leur réinsertion dans la société.

Rester dans le circuit du travail malgré des problèmes de santé

Par ailleurs, à la suite d’une maladie physique ou mentale, une personne peut se trouver en incapacité de travail prolongée. La réadaptation professionnelle est, dans ce cas, un des moyens mis en place pour permettre la réinsertion du malade dans le circuit du travail. Plusieurs possibilités d’adaptation existent telles que la reprise partielle du travail, le travail adapté dans l’entreprise, mais aussi changer de travail, adapter ses qualifications à la nouvelle situation, ou encore acquérir une nouvelle qualification par le biais d’une formation.

Pour ce faire, le médecin-conseil, en collaboration avec le Service social, peut demander un examen d’orientation professionnelle. La formation sera choisie en fonction des conclusions de cet examen, des centres d’intérêt de la personne et des possibilités d’aboutir à une formation qualifiante sur le marché de l’emploi. Si le dossier est accepté par l’Inami, les frais inhérents à la formation sont couverts par l’institut d’assurance maladie invalidité et, pendant la durée de la formation, la personne continue à être indemnisée par la mutuelle.

Les différents processus d’aide à la réinsertion professionnelle mis en place par la consultation sociale - que ce soit pour des personnes atteintes d’un handicap, des ex-détenus ou des personnes malades – visent, outre une remise à l’emploi, à apporter un plus dans la vie de la personne tant sur le plan psychologique, social que financier. En d’autres mots, la consultation sociale ambitionne une véritable réinsertion dans la société par le travail.

Delphine Hotua



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