Coupole bruxelloise de l’Autisme : un lieu de vie pour adultes avec autisme

Coupole bruxelloise de l'Autisme: un lieu de vie pour adultes avec autisme

D’une région du pays à l’autre, des solutions se développent pour accueillir au mieux les personnes de grande dépendance. A Bruxelles, un centre dédié à l’autisme a récemment vu le jour. Il entend favoriser l’autonomie de la personne handicapée dans la vie journalière.


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En Région bruxelloise, le pendant de l’AWIPH est dénommé PHARE pour Personne Handicapée Autonomie Recherchée. Sous la tutelle de la ministre Céline Frémault (cdH), membre du Collège de la COCOF chargée de la Politique d’aide aux personnes handicapées, le service PHARE apporte information, orientation et interventions financières aux personnes handicapées en Région de Bruxelles-Capitale.

Deux régions distinctes, des revendications similaires

Tout comme l’AWIPH, l’organisme PHARE revendique des moyens complémentaires : «  avec les moyens budgétaires dont on dispose, des priorités ont dû être choisies. On a décidé de répondre d’abord aux demandes de ceux qui sont restés sur le chemin, les cas les plus lourds et les plus difficiles... » explique Véronique Gailly, directrice d’administration du service bruxellois PHARE.

Et d’ajouter que ce qui manque par-dessus tout à Bruxelles, c’est une unité double diagnostic « On a souvent affaire dans nos demandes à des personnes doublement diagnostiquées, c’est-à-dire des personnes qui cumulent un handicap mental à une maladie mentale, comme c’est le cas d’une personne autiste qui souffre de décompensation par exemple. On est fortement démunis par rapport à ça. Il faudrait qu’une unité de double diagnostic soit ouverte sur Bruxelles  » indique Véronique Gailly qui estime qu’une telle initiative résoudrait la problématique des listes d’attente à rallonge. « Car nos listes d’attente ne désemplissent finalement jamais, aucune solution concrète n’existant à Bruxelles pour un tel public... »

Un dispositif de crise est également souhaité au sein de l’AWIPH qui planche actuellement sur le projet.

Une coupole bruxelloise de l’Autisme pour adultes avec autisme

Néanmoins, bonne nouvelle pour les personnes concernées par l’autisme. Depuis 2014, un nouveau centre spécialisé dans les troubles du spectre autistique a ouvert ses portes à Jette, commune bilingue située en Région bruxelloise. Dénommé la Coupole bruxelloise de l’Autisme, le centre bénéficie d’une équipe de 25 travailleurs sociaux.

« La coupole est organisée en deux établissements, un centre de jour et un centre d’hébergement, situés à un jet de pierre l’un de l’autre. Quinze places sont disponibles de chaque côté mais ce sont les mêmes personnes qui fréquentent ces deux centres. L’idée est de donner une stabilité et des repères à ces personnes handicapées adultes, que ce soit au niveau spatial ou temporel », explique Isabelle Vanderstock, directrice de la Coupole et psychologue de formation spécialisée en orthopédagogie. Elle ajoute : «  Il faut savoir que la question du temps est très angoissante pour les personnes autistes. Elles appréhendent toujours ce qui va venir après... C’est pourquoi il est important de leur donner une structure à l’aide de pictogrammes, d’un calendrier, de repères, etc et, par ailleurs, de veiller à développer leurs compétences par le biais d’activités de loisirs, ménagères et du quotidien. »

Diminution des comportements agressifs, un signe positif

Après 10 mois d’accompagnement au sein de la coupole de l’autisme, l’évolution est très positive. « On remarque que les résidents évoluent vers un mieux, ils s’apaisent avec le temps. Un des signes révélateurs est que l’auto-agressivité diminue. Au début, certains étaient de vraies terreurs. A présent, je ne sais pas s’ils sont heureux mais ce que je peux dire en tout cas, c’est qu’il y a davantage de bien-être », souligne Isabelle Vanderstock.

Voilà qui confirme, une fois de plus, que les personnes autistes ont des capacités d’adaptation. « Il faut juste leur accorder plus de temps et les aider à comprendre l’environnement dans lequel elles évoluent grâce à des outils spécifiques. »

Un accompagnement adapté passe par un personnel spécialisé

Le personnel de la coupole bruxelloise de l’autisme est composé presque exclusivement d’éducateurs. Les soins aux bénéficiaires passent quant à eux par un service infirmier extérieur, réglé via la mutuelle des patients. Si pour la directrice de la coupole de l’autisme, les éducateurs sont de mieux en mieux formés, elle met cependant un bémol au fait qu’aucune spécialisation à l’autisme n’existe dans la formation. « Dans leur parcours de formation, les éducateurs ne sont pas assez informés sur l’autisme et le handicap en général. C’est pourquoi notre coupole développe des stratégies éducatives, en partenariat avec le SUSA, le Service Universitaire Spécialisé pour personnes avec Autisme. »

La formation à l’autisme de l’équipe éducative passe donc essentiellement par un apprentissage sur le terrain. Et ce qui est intéressant, c’est que les professionnels du secteur remarquent que de nombreuses méthodes d’accompagnement mises en place avec les personnes autistes donnent également d’excellents résultats avec d’autres handicaps.

Delphine Hotua

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