CPAS : le projet Horizon 2030 approuvé à l'unanimité

CPAS : le projet Horizon 2030 approuvé à l'unanimité

La Fédération des CPAS wallons est optimiste pour l’avenir. Le projet "Horizon 2030", approuvé à l’unanimité, impliquera de nombreuses évolutions : amélioration de la lutte contre les exclusions, davantage de place accordée aux usagers dans les choix qui les concernent, maintien d’une administration forte, professionnelle et modernisée...

Ce 27 janvier à Namur, dans la foulée de la célébration des 40 ans de la loi organique des CPAS, la Fédération des CPAS de l’Union des Villes et Communes de Wallonie (UVCW) a tenu son Assemblée générale annuelle, ponctuée par un colloque sur le thème : "Quel CPAS en 2030 ?" L’évènement a rassemblé plus de 200 participants, venus écouter et débattre avec 2 orateurs de marque : Arnaud Dessoy (expert en finances locales chez Belfius) et le constitutionnaliste Christian Behrendt.

“L’avenir est la seule chose qui m’intéresse, car je compte bien y passer les prochaines années”

Luc Vandormael, Président de la Fédération des CPAS wallons a repris cette optimiste citation de Woody Allen pour donner la tonalité générique de cette matinée. Alors que le présent est si compliqué quant aux missions dévolues à l’institution et les interrogations si nombreuses quant à leur fonctionnement, les CPAS veulent résolument tourner leur regard vers demain. Dans cette perspective, 3 temps forts ont été proposés aux plus de 200 personnes présentes pour questionner les années qui viennent.

Faire "plus avec moins"

Il est d’abord revenu à Arnaud Dessoy, éminent spécialiste des finances locales chez Belfius, de faire le point sur les finances des Centres publics d’Action sociale. Jetant un regard prospectif sur leur évolution probable, s’arrêtant sur leurs dépenses, il a constaté, avec l’assemblée, qu’ils font tous les jours "plus avec moins", miracle et paradoxe permanent. Il a apporté la démonstration que les frais de fonctionnement ne croissent pas en proportion des multiples charges (administratives et autres) liées à l’aide aux personnes, en nette croissance ces derniers temps. Il s’est également attardé sur le poids que l’exclusion sociale fait indirectement subir aux finances locales, les communes devant "boucher les trous" si les CPAS présentent un budget en déséquilibre.

Les défis de demain

Ensuite, Christian Behrendt, Professeur de Droit constitutionnel (ULg), a posé et développé pour l’auditoire une question résolument provocatrice : "Existera-t-il encore un CPAS dans dix ans ?" Si les récentes intentions politiques de fusion du CPAS avec la commune se sont heurtées à la réalité légale et politique, l’orateur se demande tout de même si, dans l’avenir et dans un contexte organisationnel inchangé, les CPAS auront encore des moyens de leurs missions, voire de leur existence. Il les a incité à se montrer inventifs pour faire face aux défis de l’avenir (contexte financier contraint, normes et architecture institutionnelle toujours plus complexes).

Horizon 2030

Luc Vandormael a enchaîné en prenant le contrepied : "En dépit de ces nuages sombres et de ces nombreuses questions existentielles ou fonctionnelles, l’avenir est forcément optimiste pour la Fédération des CPAS", a-t-il asséné avec conviction. En présentant à l’assemblée et en lui faisant adopter à l’unanimité un projet de vision à l’horizon 2030, les CPAS ont tenu à réaffirmer leur volonté d’être l’acteur incontournable de la lutte contre les exclusions à l’échelon local, voire supra local.

Ils voient dans les synergies et dans la coordination les outils indispensables pour optimaliser les ressources et mutualiser les moyens des différents acteurs. Ils affirment la nécessité de faire davantage de place aux usagers dans les choix qui les concernent, de contribuer au développement du pouvoir d’agir des personnes, de contribuer à la création des conditions de leur émancipation, de maintenir une administration forte, professionnelle et modernisée.

Pour cet horizon 2030, ils se prennent à rêver que l’Etat fédéral aura porté son intervention dans le coût des revenus d’intégration à 90%, et que les droits de chacun auront été individualisés. Et le Président de la Fédération des CPAS wallons de ponctuer son propos avec volontarisme : "L’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt. Les CPAS se sont levés de bonne heure !"



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