Crèches : des places fantômes subsidiées !

Crèches : des places fantômes subsidiées !

Certaines crèches bruxelloises ont reçu des subsides pour des places virtuelles. Légalement, de surcroît !

C’est une histoire typiquement belge, du style surréaliste… Depuis 2007, des crèches bruxelloises reçoivent des subsides de la Région bruxelloise, pour des places fantômes ! Elles ont profité d’une faille dans la législation bruxelloise qui permettait le financement de places sollicitées par les entreprises pour les enfants de leurs travailleurs. Inscrits dans un pan de la politique d’aide à l’expansion économique, les subsides en question équivalaient à 3000 euros par place, parfois le double, pour les enfants d’un membre du personnel peu ou pas qualifié.

Des critères d’octroi légers

La faille se situe au niveau des conditions de l’octroi de la prime : seule la réservation de la place en crèche par l’entreprise suffisait pour que la crèche puisse être subsidiée. En résumé, la place ne devait pas être préalablement occupée par l’enfant pour débloquer le subside. Et certaines entreprises ont réservé des places qui n’ont jamais été prises par les enfants de leurs employés. On cite le chiffre de 100 places virtuelles. En gros, sur 242 places réservées, 58% n’ont pas été occupées par les enfants concernés. Du côté des crèches bénéficiaires de ce système, la place non-occupée était ensuite cédée à un autre enfant, mais l’établissement était rémunéré deux fois sur le même lit !

400 000 euros de perdus !

Ce système prévoyait un plafond de 66 000 euros de subside par entreprise. Le ministre bruxellois de l’économie, Didier Gosuin, a découvert la faille dans ce système et y a mis fin cet été. Fin juin, cette politique avait déjà coûté 800 000 euros, dont la moitié pour financer des places fantôme…

Sandra Evrard

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