Crèches privées, existence menacée

Crèches privées, existence menacée

Il manque de places d’accueil pour les enfants en Belgique mais des crèches privées, « en faillite », doivent fermer leurs portes.


- Comment ouvrir un milieu d’accueil ?
- Ouvrir une crèche parentale : l’alternative citoyenne

L’information n’est pas nouvelle et a été rappelée par différents acteurs du secteur de l’enfance à la veille des élections de mai 2014 : trouver une crèche pour leur enfant est une véritable galère pour de nombreux parents en Belgique, en raison d’un manque de places dans les milieux d’accueil de l’enfance. Pourtant, des crèches mettent la clé sous le paillasson, faute de rentrées financières suffisantes. Il s’agit de crèches privées qui sont pour la plupart non subventionnées. Ces crèches n’ont donc comme rentrées financières que le montant payé par les parents pour la garde de leurs enfants, et bénéficient éventuellement d’aides à l’emploi. Insuffisant pour nombreuses d’entre elles. A moins d’augmenter leurs prix-mais donc risquer de faire fuir les parents ou s’éloigner de la mission sociale ou démocratique que certaines veulent développer.

Revoir les politiques d’autorisation des milieux d’accueil

Les crèches privées ont été particulièrement menacées lors du vote de nouveaux barèmes salariaux, alignés sur les crèches subventionnées par l’Office de la naissance et de l’enfance (ONE) ou son pendant flamand, le Kind & Gezin il y a quatre ans. Harmoniser les salaires est normal, défendait à l’époque la Fedaje, la Fédération d’associations d’accueillantes de jeunes enfants. La Fedaje demandait aussi des reports ou des dérogations pour les crèches privées afin d’éviter des « galeries clandestines ». Le collectif Crèches en Danger composé de responsables de crèches, de parents ou de formateurs du secteur) dénonce lui la « politique d’autorisation des milieux d’accueil de la Fédération Wallonie Bruxelles (ONE) » et en « exige la révision des conditions d’autorisation des milieux d’accueil afin qu’elle vise le meilleur compromis entre le bien-être des enfants, et la viabilité économique des crèches ». La CNE de son côté expliquait de son côté que l’émergence des crèches privées reflète l’absence «  d’une vraie politique offensive de l’accueil de l’enfance avec des moyens adaptés ». Et de pointer les risques des établissements privés : accessibilité réduite aux places d’accueil et garde à deux vitesses, précarité de l’emploi (titre services, déprofessionnalisation du métier, objectif de rentabilité au détriment de la qualité de l’encadrement,…

Subsidier le privé ?

Le conseil provincial du Brabant Wallon, consciente de l’importance du secteur privé dans le secteur d’accueil de l’enfance ("42 % des places d’accueil sont « privées » sur le territoire"), a décidé depuis juin 2014 de financer les crèches : pour chaque nouvelle place d’accueil créée, la crèche se voit octroyer un subside de 10.000euros. Ceci concerne tant les milieux d’accueil publics que privés. La seule condition : proposer un tarif mensuel inférieur au plafond de 610 euros, un montant établi en fonction de calculs réalisés sur l’ensemble du territoire.

Manon Legrand



Commentaires - 5 messages
  • Bonjour,

    L'offre de donner 10 000€ par place est une offre plus qu alléchante. Malheureusement, cette somme sera épuisée à un moment ou à un autre et à çe moment là il faudra augmenter les tarifs.
    Pour ouvrir une place d'accueil il faut 6m2 par enfant juste pour lui. Vu les bâtiments actuels, il n'est pas possible pour des structures existantes de pousser les murs.

    Col mercredi 8 octobre 2014 10:11
  • C'est tellement dommage que ce soit un tel gouffre financier d'ouvrir une creche, j'en rêve depuis ma plus tendre enfance, mais uniquement le financier ne me permet pas de le faire.
    Pas étonnant du tout qu'on manque de places d'acceuil dans notre pays, quand on voit se qu'on gagne... ca en refroidis bien beaucoup

    eleanai mardi 21 avril 2015 11:36
  • C'est tellement dommage que ce soit un tel gouffre financier d'ouvrir une creche, j'en rêve depuis ma plus tendre enfance, mais uniquement le financier ne me permet pas de le faire.
    Pas étonnant du tout qu'on manque de places d'acceuil dans notre pays, quand on voit se qu'on gagne... ca en refroidis bien beaucoup

    eleanai mardi 21 avril 2015 11:36
  • C'est tellement dommage que ce soit un tel gouffre financier d'ouvrir une creche, j'en rêve depuis ma plus tendre enfance, mais uniquement le financier ne me permet pas de le faire.
    Pas étonnant du tout qu'on manque de places d'acceuil dans notre pays, quand on voit se qu'on gagne... ca en refroidis bien beaucoup

    eleanai mardi 21 avril 2015 11:36
  • Je suis accueillante d'enfants, et sur les offres de cette année 6 couples, ont préférés une conventionnée car on n'y facture pas les absences (maladies congés). D'après l'agent de l'ONE qui me conseil, je suis pourtant parmi les prix les plus bas. 19€ / jours et 11.50€ la demi.
    A ce jour j'ai la change d'être complète.
    Espérons que nous avons encore de "beaux jours" devant nous.

    nounou_campinoux mardi 23 juin 2015 18:52

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