Crise ou pas crise de l'asile ?

Crise ou pas crise de l'asile ?

Theo Francken continue d’affirmer que la Belgique ne connaît pas de crise de l’asile. D’ici fin août, 4000 demandes pourraient être introduites. Les places prévues seront-elles suffisantes ?

La demande d’ouverture de nouvelles places pour accueillir les demandeurs d’asile continue à susciter beaucoup de débats. Mais le secrétaire d’Etat à l’Asile et à la Migration, Theo Francken, persiste et signe : il n’y aurait pas de crise de l’asile en Belgique, puisque d’après lui, « une crise, c’est quand les personnes doivent dormir dans la rue ». Une partie des 2500 places promises par Theo Francken la semaine dernière, seront disponibles fin août. Il avoue cependant sa crainte que cela ne soit pas suffisant, vu l’afflux qu’il qualifie d’exceptionnel, de demandes.

Du jamais vu !

Répondant aux questions des députés ce mercredi en commission, il affirmait encore : « La situation actuelle, c’est du jamais vu depuis la signature de la Convention de Genève. On pourrait atteindre les 4 000 demandes en août ». Tout dernièrement, 500 demandes d’asile ont été enregistrées en deux jours et 1361 depuis le début du mois ! Le secrétaire d’Etat est actuellement en négociation avec la Régie des bâtiments, la Défense et la Protection civile pour tenter de trouver de nouvelles places, si cela devait s’avérer nécessaire.

Fermeture/réouverture

Une situation décriée par de nombreux observateurs, étant donné que 6000 places d’accueil ont été fermées en Belgique en deux ans, malgré l’intensification du flux migratoire. A cette critique, Theo Francken rétorque qu’ « être un bon ministre, c’est aussi fermer certaines places si le niveau d’occupation est trop bas, car cela coûte beaucoup ». D’après lui, la Belgique recevrait moins de demandes d’asile que d’autres pays européens. Et de citer le chiffre de 130 000 demandes introduites en Belgique depuis le 1er janvier, contre 300 000 en Allemagne.

60% des Belges contre l’immigration

Pourtant, un sondage réalisé par l’Ipsos, indique que 60% des Belges estiment qu’il y a trop d’immigrés. En guise de réponse à ce constat, Francken réplique que « l’immigration est positive et doit être un atout (…) Il faut renforcer l’intégration, sinon cela ne marchera pas ». Le secrétaire faisant référence au parcours d’intégration, obligatoire pour les immigrés, en Flandre. Mais la compétence de l’intégration étant aux mains des entités fédérées, l’appel du pied aux autres régions est on ne peut plus clair !

Sandra Evrard

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