De futurs assistants sociaux en rue pour défendre leur secret professionnel

De futurs assistants sociaux en rue pour défendre leur secret professionnel

Les étudiants assistants sociaux de Charleroi organisent, ce lundi après-midi, une manifestation pour s’opposer à la future loi qui prévoit de lever partiellement le secret professionnel dans les CPAS.

Une première manifestation pour s’opposer à la levée partielle du secret professionnel a eu lieu le 16 février dernier. Un regroupement couronné de succès puisque le vote au Parlement a été reporté. Mais la lutte n’a pas cessé pour autant. Le groupe d’action politique Ecole en Colère a récemment sollicité les défenseurs du secret professionnel à se prendre en photo, doigt sur la bouche, pour montrer aux autorités leur volonté de se taire. C’est à présent au tour des étudiants assistants sociaux de Charleroi de se mobiliser. Ils organisent, cet après-midi, une manifestation pour "défendre les valeurs qui découlent du code de déontologie de l’assistant social". Voici le message qu’ils ont posté sur l’événement Facebook créé pour l’occasion.

Action pour défendre le secret professionnel

Cette action a été pensée et créée sous l’impulsion des étudiants assistants sociaux de la région de Charleroi. Ce groupe réunit des étudiants de la HELHA et de Condorcet. Nous ne nous rattachons à aucun parti politique, aucun syndicat. Même si nous recherchons le soutien de ceux-ci et de toutes les personnes concernées.

Nous sommes un groupe de jeunes, autonome et hétéroclite qui a pour but de défendre la déontologie des assistants sociaux en s’opposant à la nouvelle loi qui vise à limiter cet intouchable qu’est le secret professionnel.

Notre rôle en tant qu’assistants sociaux n’est pas de contrôler notre public mais bien de leur offrir un accompagnement de qualité. Il passe par une relation privilégiée dont l’essence est la confiance et le secret professionnel en est le garant. Il nous semble dangereux en tant que « confident nécessaire » que notre secret professionnel soit limité. Étant donné que celui-ci nous permet d’offrir un lieu de libre parole et d’écoute. Sans cela, il y aura une autocensure de la part des usagers ce qui, à long terme, pourrait être un frein à la qualité de notre travail ou bien même dans certains cas, un danger pour la collectivité.

Nous nous mobilisons contre cette loi car nous trouvons que cette mesure est abusive. De nouveau, ce n’est pas notre rôle. Nous sommes aussi conscients que cette mesure ouvre la porte à d’autres mesures, de plus en plus liberticides.

Cette loi n’a pas lieu d’être, puisque notre code de déontologie nous dicte qu’il nous faut briser le secret professionnel dès qu’il y a un danger imminent pour la personne ou d’autres personnes. Les questions qui se posent donc sont : « Quel est l’intérêt de cette loi ? » « Est-ce commencer à s’immiscer de manière fourbe dans la modification du secret professionnel ? » « Qu’est ce qui nous dit que ça ne s’étendra pas à tous les métiers où un secret professionnel est en vigueur ? »

Cette notion floue « d’indices sérieux » laisse donc la libre interprétation au travailleur social de ce qui peut être un indice de radicalisation. Nous craignons donc l’utilisation abusive de cette loi. Dès lors, comment pouvons-nous prétendre à :

- « Aider chacun à trouver sa place dans la société et à s’y promouvoir »

- « Respecter des opinions, philosophiques et politiques d’autrui s’impose à l’assistant social dans l’exercice de sa profession… »

Cela crée une contradiction entre la loi et notre code déontologique. Car, comment peut-on prétendre favoriser l’intégration de notre public, tout en stigmatisant une partie de celui-ci ?

Mettre en place des mesures sécuritaires à tout prix pourrait avoir un effet pervers. En effet, que se passera-t-il lorsqu’un citoyen se verra injustement perquisitionné, car un travailleur social l’aura étiqueté « radicalisé », sans pour autant se référer à des critères objectifs et clairement définis ?

Qu’on ne cherche pas à nous rassurer par rapport à cette loi et toutes les dérives qu’elle engendrera. Nous, les assistants sociaux, nous ne sommes pas dupes ! Nous lutterons sans relâche jusqu’à ce que la promotion des droits de chacun soit effective et nous défendrons coûte que coûte les valeurs qui découlent du code de déontologie de l’assistant social.

Nous espérons que la voix du peuple sera entendue et écoutée, car c’est le fondement de la démocratie. Nous ne voulons pas de demi-mesure, nous ne voulons pas de cette loi, ni du monde que l’on tente de nous imposer.

N’oubliez pas de signer la pétition si cela n’est pas déjà fait.

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