De nouvelles formations anti-radicalisme dans les IPPJ

De  nouvelles formations anti-radicalisme dans les IPPJ

De nouvelles formations et outils permettront aux professionnels des IPPJ de prendre en charge le phénomène de radicalisation des jeunes. Une politique qui s’inscrit dans le plan de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Les Instituts de protection de la jeunesse (IPPJ) sont en première ligne face aux problèmes vécus par les jeunes. Ces derniers constituent malheureusement des cibles privilégiées pour les recruteurs djihadistes, comme le révèle régulièrement l’actualité des derniers mois. Raison pour laquelle la Fédération Wallonie-Bruxelles a créé une formation spécifique à l’attention des IPPJ.

Informer et dialoguer

Educateurs, assistants sociaux, psychologues, formateurs : de nombreux professionnels peuvent intervenir au sein des IPPJ, mais ils ne sont pas forcément formés pour faire face au phénomène de radicalisation. Ainsi, la présence d’un “référent radicalisme” dans chaque centre, constitue une aide précieuse, de même que les formations spécifiques sur cette question pour les professionnels en relation avec les jeunes. Ces formations passent notamment par :

 Une information globale des professionnels sur la culture et la religion musulmane, afin d’en comprendre les référents, établir le dialogue et essayer de combler le sentiment d’incompréhension mutuelle.
 L’identification des indices relatifs à une radicalisation dangereuse chez les jeunes et les manières de maintenir le dialogue.
 Une information sur les méthodes, sur les ressorts comportementaux et arguments utilisés par les recruteurs.

Une politique globale

La politique préventive dans le secteur de la jeunesse entend aussi redonner du sens aux mots “citoyenneté et neutralité”, édifier un “forum participatif” avec les jeunes et les réconcilier avec l’action politique locale, notamment via des plans locaux de jeunesse. Les différents événements terroristes des derniers mois ont mis en lumière la nécessité de renforcer le travail associatif et de tous les éducateurs en général, qui sont en lien avec la jeunesse.

Travail avec les “returnees”

Mais certains professionnels doivent également faire face à d’autres problèmes liés à cette radicalisation des jeunes, notamment la prise en charge des “returnees”. Des formations sont là aussi mises en place pour :

 Pouvoir faire face à des individus ayant été combattre.
 Avoir un comportement adapté au travail avec des personnes souffrant de traumatismes post-conflit.
 Aider les spécialistes à mener un travail de désendoctrinement et questionner les dogmes utilisés par les groupes radicaux.

Lutter contre le prosélytisme en IPPJ

Enfin, une attention est également portée sur la nécessité de lutter contre le prosélytisme en IPPJ, comme c’est le cas dans les prisons, identifiées commes des lieux de radicalisation. Une série de mesures sont là aussi préconisées : surveillance particulière, voire isolement, des jeunes engagés dans le radicalisme violent, combiner un dialogue entre les intervenants spécialisés, les aumôniers, éducateurs. Enfin, un numéro vert, de même qu’un site Internet, seront également créés pour donner des outils à tout adulte (parent, professeur, éducateur) soucieux de réagir au mieux face à des jeunes qui semblent se radicaliser.

Liens et confiance

Mais le travail de prévention, voire de gestion, des jeunes tentés par le radicalisme est avant tout un travail de patience et relationnel. Obtenir la confiance des jeunes constitue une base préalable et incontournable à tout travail. Mais la mission des professionnels des IPPJ sera d’autant plus efficace s’ils connaissent et comprennent les enjeux polyformes qui sous-tendent les tentations de radicalisations. Les nouvelles missions des professionnels des IPPJ face au radicalisme s’avèrent autant nécessaire, que fastidieuses !

Sandra Evrard



Ajouter un commentaire à l'article





« Retour

Pour votre facilité, ce site utilise les cookies conformément à nos conditions générales.