Qui sont les demandeurs de traitements liés à la drogue ou l'alcool ?

Qui sont les demandeurs de traitements liés à la drogue ou l'alcool?

Eurotox contribue à comprendre mieux le phénomène de l’usage de drogues ou d’alcool. L’asbl vient de publier un livret adressé à tous et surtout aux acteurs de terrain et aux politiques pour conseiller des pratiques adéquates à l’encadrement des patients demandeurs.

Quelle est la situation économique et sociale d’une personne demandant un traitement contre la drogue ou l’alcool ? Eurotox vient d’en publier un livret de chiffres récoltés en région Bruxelles-Capitale entre 2011 et 2014, avec « l’indicateur de demande de traitement lié à l’usage de drogues ou d’alcool » (TDI).

Eurotox est une asbl fondée en 1990 dont l’objectif principal est d’améliorer la compréhension du phénomène de l’usage de stupéfiants ou d’alcool en Wallonie et à Bruxelles. Elle en publie des rapports destinés "aux acteurs de terrain, administrations, politiques, médias, grand public". Toutes ces données servent à concevoir des pratiques adéquates pour l’encadrement des demandeurs.

Méthode de la collecte chiffrée

Eurotox récolte ses données en grosse partie dans la plateforme du WIV-ISP complétée par des hôpitaux, des centres ambulatoires, des maisons d’accueil sociosanitaire… Toutefois les traitements dispensés en cabinet privé et en prison ne sont pas enregistrés dans notre pays.

« En Belgique, la couverture de la récolte du TDI est variable et partielle. En effet, en ce qui concerne la partie francophone du pays, seuls les centres ayant une convention avec l’INAMI ainsi que les services agréés auprès de la Région wallonne sont dans l’obligation formelle de participer à la récolte du TDI », est-il indiqué dans le rapport.

Pour récolter les données d’une personne, il lui est bien entendu demandé son autorisation et son numéro de registre national. Toutefois, entre 2011-2014, « parmi les 3790 demandes de traitement enregistrées en région Bruxelles-Capitale, le numéro de registre national a été mentionné seulement dans 60,9% des cas. » Une personne peut refuser d’inscrire son identité, mais cela rend la récolte des données moins précise.

Quelques chiffres du TDI

Les indications du livret correspondent à la dernière demande de traitement introduite par une personne durant l’année civile. On note qu’entre 2011 et 2014, sur 4171 demandes faites par 3790 patients, 81% sont des hommes et 63% de nationalité belge. Parmi les 37% d’étrangers, 24% viennent d’un pays hors Union européenne.

Pour l’ensemble des patients, toujours sondés en région Bruxelles-Capitale, presque la moitié n’a pas été scolarisée et se trouve sans emploi, dont 15% bénéficient du chômage. 31% ne possèdent pas de logement fixe et 11% vivent en institution ou en prison « durant la période de 30 jours précédant l’introduction de la demande de traitement ».

62% des patients ont introduit une demande de traitement de leur plein gré. L’âge moyen de la première consommation « à l’origine de la demande de traitement » est de 21 ans. Sur l’usage des drogues, le rapport indique que « les produits les plus fréquemment à l’originale des demandes de traitement…sont par ordre » : opiacés (42%), alcool (32%), cocaïne/crack (12%) et cannabis (7%).

Skan Triki



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