Des « Maisons » pour remplacer les prisons ?

Des ''Maisons'' pour remplacer les prisons ?

Comment lutter contre les problèmes du milieu carcéral ? Des projets pilotes suggèrent de remplacer les prisons par des Maisons de détention. Un livre vient de paraître sur la question.

Surpopulation et mauvaises conditions de vie dans les prisons, émeutes, criminalité aggravée par contamination avec des détenus plus dangereux, difficultés de réinsertion : le système carcéral belge connaît une crise permanente et croissante depuis les années 80. La réponse massivement apportée à ces problèmes consiste à construire de nouvelles grandes prisons. Mais d’autres acteurs du secteur suggèrent des alternatives.

Un livre à projets

Et la solution pourrait se nicher au cœur du livre « Les Maisons, vers une approche pénitentiaire durable », présenté le 15 juin dernier. Les auteurs y préconisent une approche différenciée des peines d’emprisonnement classiques, avec la création de maisons destinées à accueillir les détenus. Les experts du monde pénitentiaire estimant que l’enfermement par petits groupes est plus efficace qu’un enfermement de masse ou individuel.

Concrètement…

A quoi ressembleraient ces Maisons de détention ? En premier lieu, elles devraient être de taille modeste, avec une capacité d’accueil d’une dizaine de personnes et un niveau de sécurité variable. Ces Maisons pourraient être regroupées en blocs urbains ou disséminées au sein de quartiers, regroupant quelquefois des infrastructures spécifiques (sportives par exemple) qui profiteraient aussi aux habitants voisins.

Problèmes en vue ?

L’ouvrage répond aux grandes questions soulevées par ce type de projets : quelles infrastructures prévoir, plans et maquettes à l’appui, quelle dotation pour le personnel, quel impact financier ? Les conflits et oppositions que pourraient susciter ces projets (notamment de la part des habitants des quartiers concernés : "pas de prison à côté de chez moi !"), sont également abordés.

Côté suivi des détenus

Mais changer uniquement le mode d’incarcération, est-ce la panacée ? Le concept des Maisons préconise aussi la mise en place d’un plan de solutions individualisées, qui implique une préparation à la réinsertion dès le début de l’exécution de la peine. Ces Maisons seraient mieux imbriquées dans le tissu social, ce qui favoriserait cette démarche. Avec en filigrane, une incitation à plus de collaboration entre les personnes issues de différentes disciplines et niveaux de pouvoirs liés à la problématique de l’emprisonnement.

Un concept à apprivoiser

Le concept « des Maisons » est né dans le cadre des réflexions sur les peines alternatives. En 2011, la Ligue des droits de l’homme néerlandophone s’est penchée sur un projet « d’exécution différentiée de la peine », axée sur une détention à petite échelle, à l’opposé des politiques de construction de vastes prisons. Un groupe stratégique, composé de parlementaires a alors rédigé un texte de résolution. Le Ministre de la justice a, dans la foulée, proposé la mise sur pied de projets pilotes de Maisons de détention.

Du projet à la réalisation

Aujourd’hui, avec la publication de ce livre à projets, les concepteurs des Maisons, demandent de pouvoir introduire les permis de bâtir. Ils l’avouent cependant : ces alternatives peuvent sembler utopiques et ambitieuses. Mais selon eux, elles pourraient accompagner la nécessaire réforme de l’exécution des peines.

Infos sur le milieu pénitentiaire : Concertation des Associations Actives en Prison. www.caap.be

Sandra Evrard



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