Entre la maison et l’hôpital : La Cité Sérine

Entre la maison et l'hôpital : La Cité Sérine

La Cité Sérine est une structure d’hébergement à mi-chemin entre la maison et l’hôpital.


- Renforcer les équipes d’accompagnement multidisciplinaires est capital
- Continuité des soins en Belgique : quel est le bilan ?

Fondée en 2000, l’ASBL Cité Sérine a commencé avec sept appartements thérapeutiques à Etterbeek. Actuellement, elle a un site à Schaerbeek et compte 25 studios aménagés spécialement pour des patients à pathologies lourdes ou évolutives. Christine Collard, coordinatrice de l’association, explique son fonctionnement.

La continuité des soins avant tout

Les patients traités à la Cité Sérine nécessitent des soins complexes et particuliers. « Etterbeek était insuffisant. Depuis que nous sommes à Schaerbeek, nous avons accru notre capacité et surtout, nous avons une équipe d’infirmières qui travaille 24h sur 24, 7 jours sur 7 pour assurer la continuité des soins, comme à l’hôpital », dit C. Collard. Les chambres ont été aménagées dans des maisons de maître, avec la volonté d’en faire un endroit de vie agréable, tout en gardant au centre la notion de soins. « C’est aménagé, c’est joli, nous voulions aider à se dégager du milieu hospitalier, tout en prodiguant les soins adaptés. »

Un flou autour du mot « palliatif »

Il demeure un certain flou quant à la signification précise du mot « palliatif » en Belgique. En milieu hospitalier, c’est le moment où on arrête les soins dit curatifs, sans pour autant arrêter tous les soins. « Un patient peut recevoir une chimiothérapie palliative », explique C. Collard. Les structures d’hébergement extra-hospitalières, dont fait partie la Cité Sérine, prennent le patient en charge plus tôt que l’hôpital. « Un patient ne peut aller en unité de soins palliatifs (Saint-Luc, Molière…) que s’il lui reste trois ou quatre semaines. Or, il y a tout une catégorie de patients en amont. L’idéal pour eux est évidemment de rester au domicile, mais c’est onéreux et la prise en charge n’est pas toujours assurée », précise C. Collard.

Un entre-deux

La Cité Sérine se retrouve dans un « entre-deux » de la prise en charge des patients. « Nous appelons cela le middle care : nous sommes entre la maison et l’hôpital ». L’ASBL rencontre plusieurs types de patients :

1) Un jeune patient atteint d’une pathologie lourde dont le parent ne sait pas s’occuper. L’ASBL prend l’enfant en charge et éduque le parent à la bonne gestion des soins. Elle effectue une prise en charge globale : sociale et médicale.

2) Un patient qui sort d’une chimiothérapie : « Il est épuisé et ne peut s’occuper de lui à son domicile, soit parce qu’il n’a plus de proches ou parce que ce n’est pas possible pour eux de le gérer. Il vient donc chez nous. »

3) Un patient à domicile pris en charge par une équipe d’accompagnement financée par l’INAMI (dite de 2ème ligne). Ce patient est déjà dans le contexte des soins palliatifs. Il refuse de retourner à l’hôpital et séjournera donc à la Cité Sérine.

Financement

A l’heure actuelle, le middle care n’est pas pris en charge par l’INAMI. « Contrairement aux maisons de repos, nous n’avons pas de prix de journée, ce qui est extrêmement lourd financièrement pour les patients ». La Cité Sérine reçoit des subsides de la Cocof et la Ministre Jodogne souhaite en élargir le cadre, ce dont se réjouit Christine Collard : « Pour l’instant, nous avons fonctionné avec la même enveloppe, c’est très difficile. C’est bien que la Ministre ait pris cette décision ». L’ASBL demande actuellement une participation de 90€ à 115€ par jour. « Ce prix englobe les repas, l’hébergement tel que la literie… mais surtout les soins appropriés à chaque patient et la présence d’une infirmière 24h sur 24, 7 jours sur 7. Il est évident que nous restons dans le non-marchand, cette somme ne couvre pas nos frais de fonctionnement », dit C. Collard.

Et en pratique ?

L’ASBL se bat pour accorder une réponse favorable à chaque demande et l’équipe essaie de trouver d’autres sources de financement. « Les CPAS, sur la base d’un dossier qui justifie que le patient recoure à nos services, aident partiellement à la prise en charge de ce dernier ». Concrètement, une fois le patient admis par la Cité Sérine, celle-ci, avec l’équipe médicale et les assistants sociaux, montent un dossier argumentatif et le transmettent au Comité d’Action Sociale du CPAS où est domicilié le patient. Ce dernier rend un avis favorable ou non à la prise en charge financière du malade. « C’est lourd et fastidieux en termes de démarches, mais ça aide. Et surtout, nous voulons montrer que nous ne nous destinons pas uniquement aux personnes aisées, nous sommes ouverts à tous. »

Quelles missions futures ?

Pour l’avenir, la Cité Sérine souhaite continuer à répondre à un maximum de demandes. De plus, l’association souhaiterait enfin être reconnue et se voir attribuer un prix de journée, pour alléger la charge financière du patient. « Depuis 1988, nos deux membres fondateurs, Fred Mabrouk et Marion Faingnaert se démènent pour défendre les soins continus auprès des politiques. Nous espérons vraiment que cela aboutisse bientôt », conclut C. Collard.



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