Espace-seniors analyse l’habitat Kangourou

Espace-seniors analyse l'habitat Kangourou

Espace-seniors s’est penché sur ce mode d’habitation qui regroupe plusieurs catégories d’âges au sein d’une même maison.

C’est un fait : la population vieillit, ce qui engendre de nouveaux défis et enjeux. Depuis quelques années, plusieurs initiatives voient le jour, dont l’habitat intergénérationnel. Le principe ? Un senior emménage au rez-de chaussée d’une maison et un ménage ou une jeune famille habite les étages supérieurs. Si ce type d’habitat commence à être connu en Belgique, Espace-senior a décidé d’en faire l’analyse, en vue d’en retirer le plus grand bénéfice.

Bien « Vivre ensemble »

« Concrètement, la personne âgée s’installe au rez-de-chaussée d’un habitat tandis qu’un jeune ménage ou une famille occupe le reste de la maison. Dans la plupart des cas, la personne âgée est la propriétaire ou le bailleur des lieux et il est prévu un contrat qui précise les modalités de la relation de services et le loyer modique payé par la famille. Cette formule d’habitat simple et efficace permet aux personnes âgées de mieux vivre chez elles grâce à un voisinage bienveillant ». Cependant, en pratique, l’habitat Kangourou peut être vu de manière plus large. Si un senior propose un logement à un étudiant ou qu’une famille accueille une personne âgée, c’est aussi un habitat Kangourou.

Ce nouveau mode de cohabitation permet à toutes les parties de retirer des avantages : des liens intéressants et originaux se tissent et chacun garde son autonomie, son organisation personnelle, ses loisirs et ses liens sociaux. « Le logement Kangourou a l’avantage de proposer des alternatives à ces difficultés. La cohabitation favorise la communication, diminue le sentiment de solitude et peut même offrir des perspectives stimulantes pour les aînés. En effet, garder contact avec les générations plus jeunes peut permettre de rester au goût du jour, d’appréhender peut-être plus aisément notre société mouvante. »

Des difficultés aussi

Ce nouveau mode de vie – relativement moderne – doit être bien encadré s’il veut avoir une chance d’être vécu positivement pour toutes les parties concernées. Dès lors, les tâches, les responsabilités, les devoirs de chacun sont consignés dans un document qui vise à rendre le plus facile possible la cohabitation entre jeunes et personnes âgées. « Ce qui est difficile, c’est la définition du projet de vie commun. Que va-t-on partager ou pas ? Que va-t-on vivre ensemble ? Ces définitions sont parfois un peu floues. On y pense autour d’un coin de table mais on n’est pas très au clair avec ce que chacun veut vraiment. Après, on se rend compte que l’on n’est pas sur la même longueur d’ondes. C’est l’un des plus gros points de rupture dans ce type d’habitat ». Disposer, au préalable, d’une charte ou d’un « règlement » de savoir-vivre permet à toutes les parties de pouvoir explicitement exprimer leurs attentes et leurs limites.

Et que dit la loi ?

Malheureusement, la mise sur pieds d’un habitat Kangourou dépend des législations fédérale, régionale et communale et les contraintes juridiques sont nombreuses. Espace-senior relève plusieurs freins :

1) Au niveau communal, pour diviser un logement unifamilial en logement à appartements distincts, il faut un permis d’urbanisme pour réaliser les travaux ; permis que l’administration délivre rarement.

2) Autre frein légal, le revenu cadastral augmente fortement lorsque l’on met un ou plusieurs appartements en location. Cette augmentation substantielle peut mettre à mal un projet de réaménagement d’une habitation par un senior.

3) A Bruxelles, le nouveau Code du logement du 28 juillet 2013 essaye d’apporter une solution et un cadre juridique. Ainsi, il est possible d’accorder des subsides à une AIL qui s’occupe de la gestion du bien pour la personne âgée, tant pour la perception des loyers que la remise en état du bien entre les locations.

4) Enfin, un senior bénéficiant d’allocations sociales ou d’une pension majorée risque de perdre ses droits et ses avantages en étant domicilié avec quelqu’un d’autre, en glissant de facto, vers le statut de cohabitant de fait.

Conclusion

Espace-senior estime que l’habitat Kangourou reste une bonne idée, à partir du moment où on ne bascule pas dans les dérives : la personne âgée ne doit pas être maltraitée et a contrario, le jeune ne doit pas être considéré comme une main d’œuvre gratuite. Les contraintes juridiques et administratives restent cependant un obstacle conséquent, qui empêche le développement d’un tel système à plus grande échelle. « Tous les intervenants publics et privés, les associations de seniors ou de soutien à l’habitat alternatif devraient se mettre autour de la table afin de trouver des solutions durables pour la mise en place de projets d’habitat groupé qui répondent aux besoins de nos aînés. »

Analyse complète : ici

Lire aussi : Partager son toit, une solution pour les aînés ?



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