Euthanasie pour souffrance psychique : une remise en cause du rôle des professionnels de la santé mentale ?

Euthanasie pour souffrance psychique : une remise en cause du rôle des professionnels de la santé mentale?

"Reconsidérer l’euthanasie pour le seul motif de souffrance mentale" est ce à quoi aspirent une soixantaine de professeurs d’université, psychiatres et psychologues dans une carte blanche soumise à DeMorgen ce mardi.

Chaque année, environ 50 personnes choisissent l’euthanasie pour raisons psychiatriques en Belgique. Un chiffre non négligeable, d’autant plus que la moitié des demandes aboutissent. Les spécialistes sont inquiets de la banalisation croissante de l’euthanasie en fonction des souffrances psychiques et plaident pour un réajustement du rôle des professionnels de la santé mentale.

La dépression, une raison valable à l’euthanasie ?

Les signataires de la carte blanche insistent sur le caractère réversible de la dépression, à ce jour maladie mentale la plus répandue. A l’inverse des pathologies qui résultent d’altérations organiques, la souffrance psychique correspond à un changement de fonctionnement. Cet aspect a mené des patients déclarés incurables et en attente d’euthanasie à faire marche arrière lors de l’apparition de nouveaux espoirs. Pour les spécialistes, la conclusion est claire : il n’y a pas de critères cliniques objectifs pour soutenir l’euthanasie. La loi apparait donc mal placée pour régler la question de l’euthanasie en cas de souffrance mentale extrême.

Les politiques, toujours dans la tergiversation

L’avis de professionnels semble peu légitime aux yeux de représentants de partis politiques, flamands surtout chez qui les débats sur l’euthanasie ont été plus intenses. Pour l’Open Vld et le sp.a, une adaptation de la loi n’est pas envisageable. Le "lourd passé psychiatrique" est souvent retenu comme l’un des arguments ne permettant pas de substituer la demande d’euthanasie par une autre forme de "traitement". Pour Gwendolyn Rutten, présidente de l’Open Vld ramener l’euthanasie pour des souffrances psychiques à la dépression est "un peu court".

Donner les moyens au secteur de la santé mentale

Les signataires soulignent pour conclure que la législation actuelle remet totalement en cause le rôle des professionnels de la santé mentale. À ce propos, le secteur souffre t-il d’un manque en soins adaptés ? Un renforcement de l’assistance des internés ou de prisonniers en Belgique par exemple parait utile dans les structures qui prennent ces patients en charge. Pour que euthanasie ne rime pas avec affaiblissement du développement des médicaments et des thérapies, l’amélioration des conditions de vie des personnes démentes se doit d’être centrale.

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