Formateur en alphabétisation : késako ?

Formateur en alphabétisation : késako?

Des formations en alphabétisation existent en beaucoup d’endroits en Belgique. Mais qui sont les personnes qui les animent et comment y apprend-on la lecture et l’écriture ? Focus sur un métier aux multiples facettes.


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Un formateur en alphabétisation peut être issu de différentes cultures, de différents parcours de vie ou encore avoir effectuer un revirement professionnel à 180°. Beaucoup sont devenus formateur « un peu par hasard » et puis, y sont restés. Cette multiplicité de profils en fait la richesse.

En aucun cas, un enseignement classique

Lorsque la question « comment enseignes-tu ? » est posée à formateur en alphabétisation, la réponse ne sera jamais la même. Seule exception : pas de manière classique ! Le formateur n’enseigne pas, ce sont les personnes en formation qui « apprennent ».

Pour la plupart des formateurs, c’est l’ignorance qui les attend au début de leur cours : on sait d’où on part, mais on ne connaît pas l’arrivée. Ainsi, à partir d’un roman, on dévie sur des faits d’actualité ou on aborde une situation personnelle qui fait écho au livre. Des recherches sont également effectuées avec un dictionnaire, par exemple. Les apprenants pourront alors constater qu’un même mot aura plusieurs sens différents.

Une place importante laissée aux échanges

Il n’existe pas une, mais des fonctions de formateur : tout à la fois animateur, psychologue, assistant social ou guide dans des choix, l’apprentissage de la lecture et de l’écriture est une tâche parmi tant d’autres. Les participants aux formations sont souvent dans une grande précarité. Le formateur ne peut se contenter de « dispenser son cours et puis c’est tout  ». La formation est aussi un lieu d’échanges, de rencontres, de récits.

Le formateur doit sans cesse s’adapter à son public, celui-ci étant divers et varié. Il participe à l’intégration sociale et professionnelle des personnes en formation, toujours en gardant comme objectif final leur émancipation et une ouverture sur le monde.

Une implication personnelle

Etre formateur en alphabétisation entraîne une nécessaire implication personnelle : en travaillant avec des personnes en difficulté, il est nécessaire d’ouvrir sans cesse son horizon, tester de nouvelles possibilités, innover…

Un bémol important : la lourdeur administrative

Force est de constater que le métier de formateur change avec le temps : moins de temps avec les apprenants, plus de temps en formalités administratives (rapports, contrats, tests).

Un souhait généralisé : permettre au formateur de passer la majorité de son temps à exercer son métier : apprendre à apprendre !

Anne Mauhin



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