Gouvernements régionaux : la parité homme femme peine à s'imposer

Gouvernements régionaux : la parité homme femme peine à s'imposer

Sur les 13 ministres que comptent la Région wallonne et la Fédération Wallonie-Bruxelles, seules 3 femmes décrochent un portefeuille de compétences. Visiblement, lors de la formation des gouvernements régionaux, la parité homme femme ne se trouvait pas dans les priorités des présidents de partis.


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Suite logique aux élections, les élus - légitimes représentants du peuple - forment les gouvernements. Comme un contrat noué avec l’électeur, ces heureux agents du pouvoir s’engagent à représenter au mieux le peuple qui les a choisis. Or, au sein des gouvernements régionaux, la représentation des femmes laisse à désirer....

Où sont les femmes ?

Une seule femme assure une fonction ministérielle dans le gouvernement wallon. Du côté, de la Fédération Wallonie-Bruxelles, on compte 2 femmes pour 5 hommes. Le gouvernement bruxellois affiche quant à lui un semblant de parité avec 4 hommes et 4 femmes au sein de l’assemblée. Mais là aussi, une nuance est nécessaire. Parmi les 4 femmes en fonction, une seule est ministre. Les 3 autres sont secrétaires d’État.

Viviane Teitelbaum, présidente du Conseil des Femmes Francophones de Belgique, déclarait récemment sur RTL TVI : « une société démocratique est une société qui doit être égalitaire et à partir du moment où les femmes sont la majorité de la population, ce n’est pas acceptable qu’elle soit une minorité politique. »

Peu de femmes mais beaucoup d’ambitions

Les femmes politiques auront donc du pain sur la planche quant à la représentation de la gent féminine et la défense de leurs droits.

Bianca Debaets (CD&V), secrétaire d’État à l’Égalité des chances au gouvernement bruxellois rappelle qu’une représentation équilibrée des femmes et des hommes à tous les niveaux est pourtant l’une des ambitions du Gouvernement. « Dans les fonctions dirigeantes, le gouvernement veillera à ce que maximum 2/3 des personnes soient du même sexe. Il nous faudra donc veiller à un bon équilibre car une composition diversifiée et équilibrée d’une équipe permet en général de mener des actions plus fortes. Il me paraît donc un bon signal que les parties composantes du gouvernement bruxellois ont pu trouver cet équilibre dans sa composition. »

Pour Éliane Tillieux (PS), ministre de l’Emploi et de la Formation et seule femme du gouvernement wallon, il y a trop peu de femmes, c’est un fait. «  Mais il existe une évolution grâce au système de la tirette pour la constitution des listes électorales. Peu à peu, les mentalités changent, plus de femmes se lancent en politique ou occupent des fonctions à responsabilités et je m’en réjouis. » Elle ajoute : « Il s’agit de la deuxième législature où je représente la gent féminine au Gouvernement wallon. J’ai été ministre de l’Action sociale et de l’Égalité des chances pendant 5 ans ; aujourd’hui, je poursuivrai ces combats qui me tiennent à cœur et j’aurai un œil extrêmement attentif sur les questions de la discrimination à l’embauche, par exemple. »

Une première en Belgique : une ministre des Droits des femmes

Paradoxalement, au sein de ces gouvernements régionaux non paritaires, une nouvelle compétence ministérielle a été créée : les droits des femmes. Il s’agit d’une première en Belgique. Cette matière spécifique sera portée par Isabelle Simonis (PS) au sein du gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Elle déclare : "Force est de reconnaître que les femmes sont trop peu représentées tant au gouvernement wallon qu’à celui de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Mais je suis convaincue que les hommes qui siègent dans ces différents gouvernements soutiendront la cause des femmes ! Cependant, l’élément important à retenir est indéniablement la naissance de cette nouvelle compétence ministérielle des droits des femmes au niveau de la Fédération Wallonie-Bruxelles ! »

Elle précisera que c’est la première fois que les droits des femmes sont très clairement reconnus en une compétence à part entière : « Sous les précédentes législatures, il s’agissait plutôt d’une matière transversale partagée entre plusieurs ministres. Même si les associations féministes souhaitent également l’apparition de cette compétence au niveau fédéral, il s’agit déjà d’une première avancée importante qui permettra de faire entendre la voix des femmes autour de la table du conseil des ministres de la Fédération Wallonie-Bruxelles. »

Et de conclure «  Au niveau fédéral, je crains que la majorité des droites ne soit pas aussi progressiste sur cette question que les partenaires PS et cdH. »

Delphine Hotua

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