Gouvernement bruxellois : handicap, discrimination et CPAS

Gouvernement bruxellois : handicap, discrimination et CPAS

Le nouveau gouvernement bruxellois a livré les grandes bases de sa politique régionale pour les cinq années à venir. Zoom sur les mesures en matière de vivre ensemble et de qualité de vie.

« J’aimerais élargir l’offre de maison de repos et de crèches dans la mesure des marges budgétaires ». Bianca Debaets, secrétaire d’Etat chargée notamment de l’Egalité des chances, résume en une seule phrase les défis principaux de Bruxelles : l’augmentation des naissances et le vieillissement de la population, phénomènes qui demandent des structures d’accueil suffisantes et adaptées. Cela dans un cadre budgétaire restreint.

Une population vieillissante

La question du vieillissement de la population implique d’adopter une réflexion profonde sur les structures d’accueil destinées aux personnes âgées. Le gouvernement semble vouloir privilégier le domicile. Il prévoit notamment d’« améliorer la qualité, l’accessibilité et l’offre en matière de soins et aide à domicile (développement de logements alternatifs : communautaires, kangourous, résidences services sociales). » Une option sur laquelle insiste également Céline Frémault, ministre en charge notamment de la Qualité de vie et Membre du Collège de la Commission communautaire française chargée de la Politique d’Aide aux Personnes handicapées, de l’Action sociale, de la Famille et des Relations internationales qui désire « renforcer les services d’aide à domicile comme les services sociaux, paramédicaux ou matériels ». Le maintien à domicile sera aussi soutenu, comme le souligne la déclaration de politique régionale, « par l’octroi de prêts à des taux préférentiels soutenus par le fonds du logement pour adapter les logements ».

***Relire notre dossier : La 6ème réforme de l’Etat fait trembler les maisons de repos

Handicap de grande dépendance

« L’une des priorités à laquelle je m’attacherai particulièrement au cours des cinq prochaines années est la grande dépendance », a déclaré Céline Frémault lors du discours de lancement de l’opération de solidarité Cap 48 début septembre. Dans la continuité de la précédente législature, elle veillera à «  développer davantage l’offre de places en centre de jour et d’hébergement ». Pour rappel, le 29 juillet 2013, la Belgique était condamnée par le Comité européen des droits sociaux pour le manque de solutions d’accueil diversifiées et adaptées pour les personnes handicapées de grande dépendance. Des plans régionaux avaient alors été lancés. Céline Frémault veillera aussi à développer les services de répit. En charge du logement au gouvernement bruxellois, elle veillera aussi à « consolider financièrement les Entreprises de Travail Adaptés ». Elle a aussi pour ambition « d’intégrer davantage les besoins des personnes en situation de handicap dans les politiques de l’habitat pour poursuivre la diversification des solutions d’hébergement et multiplier les logements de transition vers l’autonomie. »

***Relire notre dossier Handicap de grande dépendance

Discrimination à l’embauche

« Le Gouvernement fera de la lutte contre les discriminations et le racisme le fil rouge de toutes les politiques mises en place », affirme la déclaration. Le gouvernement bruxellois ne nie donc pas une réalité écrite noir sur blanc par un récent monitoring socio-économique du Service Public Fédéral de l’Emploi : le travail belge est l’un des plus inégalitaires d’Europe. Pour y remédier, les «  Plans diversité  » rédigés par les entreprises bruxelloises « intègreront désormais des objectifs quantitatifs visant à l’embauche de personnes »issues des quartiers socio-économiquement défavorisés ». Ces entreprises seront aidées financièrement en priorité par la Région. La déclaration gouvernementale affirme aussi vouloir soutenir «  la mise en place de mesures d’insertion socioprofessionnelle pour les primo-arrivants », sans donner plus de détails ou proposer des mesures concrètes.

***Relire notre dossier : Immigration et emploi : l’équation impossible ?

Travailleurs du CPAS

Parce qu’ils sont des acteurs en première ligne dans la lutte contre la pauvreté, le Gouvernement entend revaloriser la profession de travailleur de CPAS. Un chantier nécessaire puisque les CPAS risquent à l’avenir d’être confrontés à de nombreuses demandes supplémentaires suite à la réforme du chômage. Leur revalorisation passera « par l’augmentation de leurs barèmes (qui devraient être au moins égaux à ceux appliqués dans les autres Régions) mais aussi un soutien accru à leur formation continue (nécessaire au bon accomplissement de leurs missions de guidance) et leur supervision (soutien psychologique nécessaire à la gestion adéquate du stress, de certaines formes de violences…) ».

***Relire le témoignage « Les travailleurs sociaux sont acculés. »

Manon Legrand

- Notre dossier : Les priorités du gouvernement bruxellois pour le secteur psycho-médico-social : l’emploi, priorité n°1
- - COCOF : « Le non-marchand au cœur du tissu social bruxellois »



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