Gynécos et sages-femmes : la guerre des tâches

Gynécos et sages-femmes : la guerre des tâches

Les gynécologues se sentent menacés. En cause : une délégation croissante des tâches vers les sages-femmes et l’augmentation des accouchements à domicile. Les deux camps se regardent en chiens de faïence.

Le débat sur la place des sages-femmes et celle des gynécologues obstétriciens refait surface, au cœur du climat de réforme du secteur de la santé, poursuivi par la Ministre Maggie De Block. Cette dernière ayant annoncé, voici quelque temps, sa volonté de réduire la durée d’hospitalisation des femmes lors des accouchements. Une réforme économique qui n’a certainement pas cessé de faire couler beaucoup d’encre.

100 000 accouchements sans complications

Dans le cadre de cette réforme, un nouvel appel à projets pilotes, « accouchement avec séjour hospitalier écourté », a été lancé fin juillet. La Ministre explique vouloir tester de nouvelles idées, dans le cadre de la réforme du financement des hôpitaux et du paysage hospitalier. Les projets proposés devront prévoir une collaboration avec un hôpital minimum et inclure des soins, avant et après l’accouchement. « L’objectif principal des projets est d’augmenter autant que possible la satisfaction des femmes par rapport à la qualité des soins et que les budgets des hôpitaux disponibles soient affectés de manière encore plus efficiente. Il y a dans notre pays 100 000 accouchements par an, dont la plupart se déroulent sans complications », explique-t-on au Cabinet de la Ministre.

Les gynécologues malmenés

Les gynécologues y voient un soutien larvé aux sages-femmes, davantage sollicitées dans le suivi pré et post-accouchement. D’autant plus que celles-ci sont aptes à réaliser les accouchements sans complications, notamment à domicile. Les gynécologues craignent qu’une délégation croissante de tâches aux sages-femmes vide quelque peu leur profession de ses missions. Raison pour laquelle l’ABSYM (Association Belge des syndicats médicaux) a envoyé une lettre à Maggie De Block, en guise d’appel au secours, pour défendre les gynécologues qui estiment que leur profession est chaque fois plus malmenée.

Collaborer, pas substituer

L’appel à projets pilotes de Maggie De Block exige, parmi les critères de sélection, de mettre les soins transmuraux au centre des préoccupations. Le but : organiser les soins périnataux en dehors de l’hôpital. Et c’est vrai que ceux-ci sont généralement effectués par les sages-femmes. Mais le deuxième critère de l’appel indique la nécessité de mettre en place une équipe multidisciplinaire, celle-ci comprenant les gynécologues. Mais ces derniers craignent que la délégation des accouchements eutociques (qui se déroulent dans des conditions normales) s’accentue. Selon l’ABSYM, la collaboration entre gynécologues et sages-femmes doit se poursuivre, mais il faut éviter les effets de substitution.

Sandra Evrard

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