Housing First : le projet pilote prolongé pour 1 an

Housing First: le projet pilote prolongé pour 1 an

Le programme fédéral de réinsertion des sans-abris Housing First sera prolongé jusqu’à l’été 2016 et étendu à 3 communes en plus des 5 initiales.

Fin 2014, la Belgique lançait le programme Housing First Belgium , tiré d’une initiative américaine, pour reloger rapidement et définitivement les personnes vivant dans la rue. Devant le succès prometteur de Housing First, le projet pilote, qui devait se clôturer d’ici juillet 2015, sera prolongé jusque 2016 et étendu à Molenbeek-Saint-Jean, Hasselt et Namur. De part en part de la Belgique, les ASBL partenaires du projet poursuivent la mobilisation.

Réinsertion par le logement

Fidèle à son modèle américain, le concept Housing First propose d’envisager la problématique de l’accès au logement comme le premier outil de réinsertion des sans-abris. Pour les professionnels de santé et du social du secteur engagés dans le programme, la guérison et la reconnaissance sociale ne peuvent être retrouvées que grâce à la stabilité d’un logement permanent. Parmi les ASBL actives sur le terrain, on retrouve notamment les Infirmiers de Rue, actifs pour la promotion de l’hygiène et du logement des sans-abris à Bruxelles. Forts de la coopération entre les acteurs publics et le monde associatif pour proposer un logement permanent, les professionnels de santé sont tout de suite en mesure d’assurer un suivi médical et psychologique auprès de ces personnes en difficultés, parfois atteintes de troubles mentaux ou toxicomanes.

Housing First : débuts prometteurs

Jusqu’ici, le projet mis en place à Anvers, Bruxelles, Charleroi, Liège et Gand est prometteur : 93% des relogés seraient installés durablement. Les personnes ainsi relogées se disent aussi apaisées et confiantes dans l’avenir. Pour le journal De Standaard, la secrétaire d’Etat chargée de la Lutte contre la fraude et la pauvreté Elke Sleurs (N-VA) a déclaré vouloir prendre son temps avant d’en évaluer les résultats. Aussi, des résultats quantifiables sont nécessaires. En outre, la secrétaire d’état souhaite étendre l’expérience dans de plus petites villes pour tirer une vue d’ensemble de la portée de son action. Pour rappel, la Ministre chargée de l’Action sociale et de la Lutte contre la pauvreté à Bruxelles, Céline Frémault, avait annoncé en décembre dernier l’octroi d’un budget de près de 500. 000 euros pour aider au développement d’Housing First. Un appel à projet en ce sens devrait être bientôt proposé aux ASBL du secteur.

Les ASBL au cœur du projet

La coopération entre les ASBL, les acteurs sociaux et les professionnels de la santé est la pierre angulaire de ce projet. C’est notamment grâce aux associations partenaires du projet que Housing First est en mesure de proposer une stabilité de logement aux personnes vivant dans la rue. Dans une interview pour Question Santé, l’ASBL SMES-B déclarait avoir obtenu 8 logements grâce au Foyer schaebeeckois. Les ASBL sont également au premier plan en ce qui concerne la prise de contact avec les bénéficiaires du projet et le pré-suivi des sans-abris. Parce qu’il y a plus de demandes que de logements disponibles, l’appel à projet financé par Céline Frémault se destine aussi à inciter une plus grande implication de la part des CPAS. L’objectif, pour cette année 2015, est d’élargir les partenariats pour organiser davantage de remises en logement.



Commentaires - 2 messages
  • Merci pour cet article. Pour info: les ministres Fremault et Smet (Région Bxl) ont déjà lancé leur appel à projet "Housing First Brussels" et le résultat est attendu tout prochainement...

    Housing First Belgium jeudi 26 mars 2015 12:58
  • Très bon projet à la base mais criblé d'embuche

    d'un coté il y a le parc immobilier privé et de l'autre parc public ...

    le parc privé est inaccessible à bon nombre de personne dans le besoin ! il faut éviter les obstacles : délit de sale gueule, avoir des ressources SUFFISANTES (800€ de RIS et demander 450 € de loyer sans les charges !!!) et "acceptables" (car pour beaucoup avoir des allocations du cpas est synonyme de refus de la part des propriétaires), être suffisamment structuré pour passer des coups de fil et aller à des rendez-vous ... en gros avoir les capacités de rivaliser avec d'autres candidats locataires souvent mieux équipés par la vie!

    et le parc public : ou il existe des listes d'attentes phénoménales, bon nombre de logement en attente de rénovation, des moyens toujours moins nombreux (coupe budgétaire) ... pas évident dès lors pour eux de participer adéquatement à ce genre de projet. et pas évident pour les personnes ciblées de s'entendre dire "on lance la procédure et avec de la chance tu l'auras dans un an le logement"

    "l'appel à projet financé par Céline Frémault se destine aussi à inciter une plus grande implication de la part des CPAS." implication dit financement et personnel !! (coupe budgétaire et non renouvellement des post en CPAS)

    de plus il ne faut pas oublier le coté humain, s'entendre dire projet pilote et donc limité dans le temps ne rassure pas les personnes ciblées par ce projet qui se disent et après ? certains cherchent un logement depuis plus de six mois, ont refus sur refus et un jour on va leur annoncer : "c'est fini, continue tout seul ... " !!!

    courage a tous les travailleurs de ce projet et vivement que le gouvernement se penche sur les loyers du parc privés !!!

    Karin05 jeudi 26 mars 2015 16:17

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