" Il faut maintenir l'Allocation Garantie de Revenus "

La Ligue des Familles et l’asbl Aidants proches réclament le maintien de l’Allocation Garantie de Revenus (AGR), alors que le gouvernement fédéral entend réduire une deuxième fois cette allocation.

Les deux associations ont exhorté les partenaires sociaux de s’opposer au projet gouvernemental sur l’Allocation Garantie de Revenus (AGR). Celui-ci devait être abordé lors du comité de gestion de l’ONEM vendredi dernier mais il a été reporté à une date ultérieure.

L’AGR, en quoi ça consiste ?

Un chômeur qui reprend un emploi à temps partiel peut, sous certaines conditions, percevoir une allocation à charge de l’ONEM, en plus de sa rémunération. Cette allocation dénommée l’Allocation Garantie de Revenus vise à assurer un revenu global (rémunération + allocations) au moins égal à l’allocation de chômage.

Le projet du ministre de l’Emploi, Kris Peeters, prévoit cependant que l’AGR perçue par des allocataires depuis plus de deux ans soit diminuée de moitié dès 2017, cela afin de «  stimuler les personnes concernées à trouver un emploi à temps plein. »

Les femmes, premières touchées par la mesure

Selon La Ligue des Familles, cela concernerait plus de 50 000 personnes, dont 78 % sont des femmes et 51 % sont chefs de ménage. « Cette diminution, qui touche essentiellement des femmes, pour beaucoup monoparentales, devrait entraîner une perte moyenne de revenu d’environ 23% », signale l’asbl, qui ajoute que le travail à temps partiel est soit contraint, soit la seule solution pour faire face à des situations familiales difficiles.

D’après une simulation chiffrée de la Ligue des familles, pour une femme isolée, travaillant à mi-temps et disposant d’un salaire brut de 800 euros, le perte s’élèvera après deux ans à 284,64 euros, à laquelle il faut encore rajouter le saut d’index. Ce qui correspond à une perte totale de 305,29 euros brut par mois. Telle mesure appauvrit donc particulièrement les personnes concernées, qui basculent dès lors sous le seuil de pauvreté pour un isolé.

Les aidants proches à nouveau dans le viseur

Dans ce combat, la Ligue des familles s’associe à l’asbl Aidants proches qui s’inquiète quant à elle de l’impact financier de cette mesure de restriction de l’Allocation Garantie de revenus sur la qualité de vie et la capacité d’agir des aidants proches.

Alors que récemment, l’Institut de Santé Publique (ISP) estimait à 860 000 le nombre de personnes prodiguant des soins à titre informel, soit près d’un Belge sur dix, il est capital pour l’ASBL Aidants proches que le gouvernement se penche sur ce dossier. « L’asbl Aidants proches et ses partenaires demandent au gouvernement de considérer avec la même attention, la situation des aidants proches à temps partiels avec AGR, comme il a pu le faire concernant la dispense des aidants proches au chômage. » Ils demandent également que ce soit le cas pour toutes les mesures comprises dans l’accord de gouvernement relatives aux aidants proches.

La Ligue des Familles et l’ASBL Aidants proches appellent donc à la responsabilité des partenaires sociaux pour contrer cette mesure de restriction et demandent au ministre Kris Peeters le retrait de son projet.

Delphine Hotua



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