Il faut rétablir un service civique obligatoire pour les jeunes

Il faut rétablir un service civique obligatoire pour les jeunes

Un psychologue belge propose de créer un service civique pour les jeunes auprès des organismes sociaux

Pascal de Sutter, psychologue politique, lançait ce dimanche dans les colonnes du Vif- L’Express un appel à la mise en place d’un service civique d’intégration sociale, obligatoire pour les jeunes de 18 ans. L’enjeu : sensibiliser la jeunesse à la multiculturalité et à l’esprit d’entreprise auprès des organismes sociaux.

L’avenir social en danger

Selon Pascal de Sutter, il est urgent que le discours politique rejoigne l’action des enseignants et des éducateurs dans la lutte contre l’intégrisme et la radicalisation. Les principaux fléaux : le règne du non-dit et l’indifférence générale pour la montée en puissance du communautarisme. Hors des écoles, les sphères familiales ou communautaires sont parfois impuissantes à instruire la jeunesse quant aux valeurs démocratiques. Pour le psychologue, il faut rétablir un service civique obligatoire pour apprendre aux jeunes "qu’ils n’ont pas que des droits mais aussi des devoirs".

Brasser les origines et les croyances

Il ne s’agit pas d’un retour au service militaire obligatoire. Pour autant, le psychologue souligne la nécessité d’une structure au sein de laquelle des jeunes issus de tous les milieux pourraient se mélanger. En réalisant une année entière au service de son pays, que ce soit par la voie militaire ou auprès des organismes sociaux, les jeunes belges pourraient à nouveau apprendre à "connaître et apprécier leurs camarades de toutes origines sociales et culturelles. Les jeunes seraient envoyés aléatoirement aux quatre coins du pays pour y être mélangés. Les rejetons des riches travailleraient coude à coude avec les enfants des pauvres".

Façonner la société de demain

Ce projet met concrètement en avant un champ d’action possible des acteurs sociaux du pays, directement au contact des jeunes. Toute structure sociale, CPAS, ASBL, maison de retraite, crèche, etc., pourrait accompagner des jeunes pendant leur année de service civique, en leur inculquant la solidarité et la tolérance envers autrui. Plus encore, les acteurs sociaux seraient en mesure de former les jeunes à leur première expérience professionnelle et éventuellement les encourager dans leurs projets d’études et de formations. A travers ce programme, il s’agit aussi de former la société de demain à endiguer les problèmes de chômage et de compétitivité des entreprises.

Dans l’idéal de Pascal de Sutter, les jeunes seraient fiers d’être belges et européens, de vivre au sein d’une société tolérante et égalitaire vis-à-vis de tous. Un programme complet d’éducation civique pourrait être imaginé. Au sens littéral ou figuré, ils porteraient un uniforme cousu d’un drapeau belge et d’un drapeau européen. On peut néanmoins s’interroger sur la faisabilité d’un tel projet, au vu de la réalité sociale, des souffrances bien réelles des populations. Un projet pour l’harmonie et le bonheur social est honorable, mais peut-on vraiment formater la jeunesse ?



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