Inclusion scolaire : des parents portent plainte

Inclusion scolaire : des parents portent plainte

Plusieurs parents d’enfants handicapés, membres de l’ASBL Inclusion et soutenus par la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme et Inclusion Europe, ont décidé de déposer une plainte auprès du "Comité européen des droits sociaux".

En déposant cette plainte auprès du "Comité européen des droits socaux", l’ASBL Inclusion espère provoquer un électrochoc. Ses membres veulent que les choses bougent plus rapidement en matière d’inclusion scolaire. La Belgique ne respecterait pas les obligations de la Charte sociale européenne en la matière.

Le handicap de type 2 délaissé

"La Belgique ne déploie pas assez d’efforts pour favoriser l’inclusion des enfants porteurs d’une déficience intellectuelle dans les établissements ordinaires dépendants de la Fédération Wallonie-Bruxelles", indique, au Soir, la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme. Ces déficiences intellectuelles, correspondant aux handicaps de type 2 (autisme, trisomie...), préoccupent particulièrement les membres de l’ASBL Inclusion. "Dans cette catégorie, les bénéficiaires sont rares, trop rares", déplore Thomas Dabeux, permanent pour l’ASBL Inclusion. En effet, ce sont davantage les enfants souffrant des handicaps de type 1 (retard mental léger),3 (troubles du comportement) et 8 (troubles sévères d’apprentissage) qui bénéficient de la plupart des plans d’intégration.

"L’intérêt, c’est de les tirer vers le haut"

Un programme qui ne satisfait manifestement pas tout le monde. Sur les 3.000 bénéficiaires de ces plans d’intégration l’an dernier, seuls 47 enfants étaient porteurs d’un handicap de type 2. "Nous voulons un enseignement ordinaire plus ouvert, plus inclusif et mieux financé pour que ces enfants bénéficient davantage d’heures d’accompagnement spécialisé", indique T. Dabeux. Un meilleur accès à l’enseignement ordinaire leur permettrait également d’être tirés vers le haut : "Certains pensent que le déficient mental sévère doit atteindre le même niveau que les autres. Ce n’est pas le but. On ne peut pas demander à un enfant trisomique de décrocher son CEB mais si on arrive à travailler sur des objectifs différenciés, ça ne pose pas de problème… Il ne faut pas attendre d’eux qu’ils réalisent exactement les mêmes tâches que leurs petits camarades, l’intérêt c’est de les tirer vers le haut".

Schyns s’étonne

En 2016, l’ASBL Inclusion avait été reçue par la ministre Schyns à ce sujet. Ils avaient également lancé une pétition pour que le Pacte pour un enseignement d’excellence prenne en compte les enfants à besoins spécifiques. Raison pour laquelle le cabinet de la ministre s’étonne de la plainte qui vient d’être introduite. De plus, une première réponse serait déjà en cours de finalisation. "Une étude de l’UCL a démontré que l’intégration des élèves de type 2 était complexe pour les équipes éducatives car il s’agit davantage d’une intégration sociale que d’une intégration pédagogique. On travaille donc sur une expérience hybride permettant de créer des passerelles : la création de classes de l’enseignement spécialisé dans l’enseignement ordinaire". 5 classes de ce type ouvriront en septembre et 3 autres suivront.



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