L'ASBL carolo Contre-Poing perd son agrément

L'ASBL carolo Contre-Poing perd son agrément

Le couperet vient de tomber : l’ASBL Contre-Poing ne fera plus partie des Centres d’insertion socio-professionnelle du pays. Elle vient de perdre son agrément.

Au sein des membres du personnel de l’ASBL, c’est l’incompréhension. Ils viennent d’apprendre, via un courrier envoyé par la ministre de l’Emploi et de la Formation, Eliane Tillieux, la non-reconduction de leur agrément. "Nous déplorons un traitement de défaveur et d’injustice envers notre association, en quelque sorte un règlement de compte faisant référence à des méthodes politiques d’un autre âge, d’autres temps, d’autres lieux." a écrit Violenda Russo, coordinatrice de Contre-Poing, sur leur page Facebook.

"Nous ne comprenons pas le harcèlement"

En 2014, L’ASBL Contre-Poing s’était déjà vue refuser l’accès à l’agrément d’intégration. De plus, le service "Intégration des Immigrés" de la Région wallonne avait supprimé les aides apportées aux activités destinées aux enfants précarisés. L’ASBL était donc déjà prise à la gorge à ce moment-là. Sur son blog "Il faut sauver Contre-Poing", V. Russo parlait même de harcèlement : " Nous comprenons le contrôle, mais pas le harcèlement. Nous sommes en règle avec la réglementation, nos activités fonctionnent bien, les enfants, les adultes sont, pour la plupart, contents de leur apprentissage. Depuis plus d’une vingtaine d’années certains s’acharnent à mettre des bâtons dans les roues de notre vélo. On aimerait que cela s’arrête ! "

En novembre dernier, la commission d’agrément avait rendu un avis négatif au sujet de l’ASBL. En effet, dans le cadre de la réorganisation du secteur de l’insertion socio-professionnelle et de l’adoption d’un nouveau décret, la Région wallonne a effectué un contrôle approfondi des structures agréées, au nombre de 152 pour tout le territoire. Contre-Poing est l’une des rares à avoir été recalée. À ce stade, la ministre Eliane Tillieux pouvait encore refuser de suivre l’avis de la commission et "sauver" l’ASBL. Ce qu’elle n’a pas choisi de faire.

Recours

Avec la perte de son agrément, l’ASBL n’a désormais presque plus de subsides pour fonctionner. Seules quelques activités sont maintenues, tels que les cours de français et d’alphabétisation donnés au public immigré ou encore l’école des devoirs. Même si elle se pose des questions quant à la viabilité de son ASBL, Violenda Russo est bien décidée à ne pas se laisser faire. Elle prépare un recours qui sera déposé devant le Conseil d’Etat dans les prochains jours. Elle a confié à La Libre : "Nous estimons avoir été harcelés par l’inspection pendant plusieurs années. Il est probable qu’une plainte soit déposée à ce sujet."

L’ASBL

Avant que les choses se gâtent, et depuis 1985, Contre-Poing était un centre d’insertion socio-professionnelle bien implanté au sein de la population carolo. S’adressant à un public majoritairement issu de l’immigration, les activités proposées s’articulent autour de l’alphabétisation et des cours de français. Les jeunes et les enfants sont également les bienvenus, ils bénéficient d’un suivi scolaire et d’une aide aux devoirs et peuvent participer à divers ateliers d’expression et de créativité.



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