L’Aide à la jeunesse et la Petite enfance : trop compliqués ?

L'Aide à la jeunesse et la Petite enfance : trop compliqués ?

Les secteurs de l’Aide à la jeunesse et de la Petite enfance regorgent d’acronymes et de sigles, pour le plus grand bonheur des travailleurs… Ou pas.

Ce lundi a eu lieu la Conférence de presse sur le sujet des bébés dits « parqués ». Au programme : les ministres Madrane et Greoli, respectivement en charge de l’Aide à la Jeunesse et de la Petite enfance, ont exposé les nouvelles mesures prises, ainsi que le budget débloqué. Au-delà de ça, le secteur serait-il trop compliqué ?

Point de départ : une question

Au-delà de la problématique de la Conférence de lundi, le secteur est-il trop compliqué ? Suite à la question très avisée d’un journaliste sur place qui « ne se considérant pas comme un expert, je me demandais quelle était la différence entre les CAU, les SASPE et les SAAE ? », les ministres ont levé les yeux au ciel de concert. « Ah oui, les secteurs de l’Aide à la Jeunesse et de la Petite enfance regorgent d’acronymes, c’est compliqué… » Et pour cause. CAU, SAAE, SASPE, SAJ, SPJ… et le reste. Une kyrielle d’acronymes et de sigles. Pas franchement facile de s’y retrouver et de savoir à qui s’adresser.

Un organigramme

Alda Greoli est plus qu’au courant du problème et a mis ses équipes « au défi de lui fournir un organigramme clair et précis du secteur, pour que tout le monde s’y retrouve, en vue de simplifier et d’optimiser le travail ». La chose n’est cependant pas si aisée qu’elle y parait. Il faut non seulement tenir compte des différents services, de leurs compétences, mais aussi des liens qu’ils entretiennent les uns avec les autres.

Les CAU

Les CAU (Centres d’Accueil d’Urgence), sont de la compétence du ministre de l’Aide à la Jeunesse. Comme leur nom l’indique, ils sont utilisés en cas d’urgence, deux fois par jour, maximum. Les familles d’accueil assurent la prise en charge des enfants pendant 45 jours maximum. Le souci relevé par le ministre Madrane, lundi lors de la Conférence de presse, « c’est qu’aujourd’hui, les SASPE font office de CAU, ce qui ne va pas. Il faut donc libérer des places en CAU, pour permettre le bon fonctionnement du système. » Tant le SPJ (Service de Protection de la Jeunesse) et le SAJ (Service d’Aide à la Jeunesse) y font appel. La différence, c’est que dans le premier cas, la mesure est « contrainte » (l’enfant est retiré à sa famille), tandis que dans le deuxième, la démarche est « volontaire » (les familles viennent elles-mêmes demander de l’aide, ne s’en sortant plus).

Les SASPE

Les SASPE (Services d’Accueil Spécialisés de la Petite Enfance), relèvent de la compétence d’Alda Greoli, ministre de la Petite enfance. S’y retrouvent des enfants de 0 à 7 ans, sauf dans le cas d’une fratrie, où cela peut aller jusque 12 ans (car on ne les sépare pas). Comme l’explique Alda Greoli, « Le SASPE travaille avec la famille et son encadrement s’étend de 0 à 1 an. Ce sont de petites unités, présentes 24h sur 24, 7 jours sur 7, qui offrent un lieu dans lequel l’enfant peut se construire socialement et créer un lien affectif ». Si le retour en famille n’est pas possible à la sortie du SASPE, le relais se fait soit vers une famille d’accueil, soit un service d’hébergement de l’Aide à la Jeunesse.

Les SAAE

Les SAAE (Services d’Accueil et d’Aide éducative) sont des services d’un an, renouvelable jusqu’à la majorité du jeune. Les équipes accompagnent le jeune et les familles en difficultés avec des actions socio-éducatives dans le milieu quotidien ou ils organisent l’accueil des jeunes qui nécessitent une aide spécialisée en dehors de leur milieu familial. Ils ont également d’autres missions, comme la mise en œuvre des programmes de réinsertion des jeunes placés, dans leur famille, ou ils assurent l’encadrement des jeunes qui vivent de manière autonome.

Places et prises en charge

Il faut également faire la distinction entre le nombre de places créées et les prises en charge, dans le secteur. Lorsque Rachid Madrane parle d’une place en CAU, cela correspond en réalité à 9 enfants pris en charge concrètement par le service. En effet, la durée de prise en charge dans un CAU est de 45 jours maximum. En revanche, lorsqu’Alda Greoli parle de « 28 nouvelles places créées en SASPE, pour un coût annuel d’1 million d’euros », ces places correspondent à des prises en charge. En effet, en SASPE, la prise en charge est plus longue qu’en CAU, puisqu’elle peut aller jusqu’à un an (en théorie). Les deux secteurs cumulés, le total des PLACES s’élève donc à une cinquantaine, pour une PRISE EN CHARGE de 150 enfants.

En espérant que l’organigramme de la ministre nous aide effectivement à y voir plus clair... Et vite.



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