L’apprentissage quotidien des travailleurs sociaux contre le radicalisme à Molenbeek

L'apprentissage quotidien des travailleurs sociaux contre le radicalisme à Molenbeek

S’il n’y a pas de formation reconnue contre le radicalisme, il y a en revanche l’apprentissage coup par coup du travail de prévention. Les acteurs sociaux le découvrent jour après jour.


- Tous les psys ne peuvent pas traiter les traumas !
- Nous ne sommes pas plus informés que le public !

Les maisons de quartier sont au plus près des habitants. Elles travaillent étroitement avec les services de prévention de la commune, notamment avec la cellule anti-radicalisation engagée grâce à l’aide de 40.000 euros du ministère de l’Intérieur. La commune, qui lutte contre le radicalisme, apprend peu à peu prévenir sur ce phénomène les jeunes et leurs familles.

Il y a déjà eu un progrès considérable, et les activités pour sensibiliser sur ce problème ne manquent guère, comme les cafés citoyens, les débats entre témoins de groupes radicaux, parents victimes, jeunes, travailleurs sociaux.

Formation « test-erreur »

Naji Hakim a travaillé une dizaine d’années en maison de quartier. Il est depuis un an directeur adjoint de l’axe proximité. Il coordonne les éducateurs de rue et les maisons de quartier. Cela représente une soixantaine de personnes dont la plupart ont grandi à Molenbeek et connaissent bien les familles.

« Comme le phénomène du radicalisme est récent, les travailleurs sociaux apprennent peu à peu à prévenir les jeunes sur cette question. Il n’y a pas de méthode type, de modèle établi. On connaît les jeunes qui sont partis en Syrie. Ils ont des points communs, mais il n’y a pas un cas semblable à l’autre. Une chose essentielle est de garder contact entre le jeune, ses proches et nous. »

Problèmes racines en société

Chez les travailleurs sociaux, Naji Hakim constate qu’il est de plus en plus aisé d’aborder la question du radicalisme grâce aux débats qu’ils organisent.

« On sait en discuter beaucoup plus sereinement. Il y avait beaucoup de réticence et d’incompréhension. Il ne s’agit pas de faire un débat théologique. On réfléchit à comment faire en sorte de remettre en question une personne qui croit qu’un extrémisme religieux et la pure vérité. Nuancer et susciter le doute. »

Pour les prochains débats, Naji Hakim aimerait aborder avec des collègues, des intervenants et des jeunes, davantage de questions de fond. « Il faudrait voir quelle est la part de responsabilité de la société avec le phénomène de radicalisation. Un peu comme celui de la délinquance. Ouvrir le débat, ça se fait à tous les niveaux. »

Skan Triki

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