L'assistant social, un futur contrôleur social ?

L'assistant social, un futur contrôleur social ?

L’assistant social risque-t-il de devenir un contrôleur social suite à l’introduction obligatoire d’un PIIS ? C’est la crainte de Madame Christine Mahy, secrétaire du Réseau Wallon de Lutte contre la Pauvreté.

La profession d’assistant social ne veut pas basculer vers celle de contrôleur social, selon Christine Mahy, la secrétaire générale du Réseau Wallon de Lutte contre la Pauvreté (RWLP). A la suite de l’introduction, le 1er septembre prochain, d’un Projet Individualisé d’Intégration sociale (PIIS), obligatoire pour tous, Mme Mahy fait le point sur la réelle position des CPAS et des assistants sociaux face à cette mesure.

Le sentiment des acteurs de terrain par rapport au PIIS

Les échos du terrain proviennent du contexte de travail dans lequel les assistants sociaux et les conseillers se trouvent. Actuellement, dans la profession, il y a un certain mal-être à travailler avec une législation qui les dépossède de plus en plus de leur autonomie en adoptant des contraintes obligatoires. Selon Mme Mahy, « cela fait des documents à remplir, des cases à cocher ».

Quelles sont les causes du mal-être ?

Si certains assistants sociaux osent en parler, d’autres restent plus taiseux, par peur de leur place dans le métier (nommés ou non). Néanmoins, les principales causes du mal-être sont :

1) Ces nouvelles contraintes sont des règles extérieures à ce que l’assistant social à appris dans sa formation et elles sont coercitives

2) Le but de la profession d’assistant social est d’aider la personne à s’en sortir, de mettre en place un accompagnement spécifique, qui lui convient. Faire rentrer dans des cases, donner une étiquette administrative est contrôlant et improductif

Que fait le secteur ?

En réponse à ce mal-être grandissant dans la profession, plusieurs écoles se bougent. A Liège et à Bruxelles, des mouvements Ecole en colère voient le jour pour dénoncer cette vision de l’assistant qui deviendrait un « contrôleur social ».

Qu’est-ce qui est SI mal dans ce PIIS ?

Pour Christine Mahy, « Par rapport au PIIS, ce qui est vraiment grave, c’est de généraliser un outil car, vu la quantité de travail, même les assistants sociaux les plus généreux risquent à un moment de se dire Je vais le faire au pouf. Il faut aussi se rendre compte que les assistants sociaux sont exigeants avec les gens. Il y a une vision de l’assistant social comme un ‘Je m’en foutiste qui laisserait les gens se promener’. Elle est totalement FAUSSE. Ils sont pour une certaine balisation et pour des conditions à leur travail, mais dans la mesure où elles prennent en compte la façon dont ils ont été formés ».

Quid des CPAS ?

Le secteur des CPAS, face à cette nouvelle mesure, est mitigé. Toutefois, il ne l’est pas dans les proportions expliquées par le Ministre Willy Borsus (Voir : Un bon instrument d’accompagnement). L’étude effectuée par le ministre est à nuancer. « Combien de CPAS néerlandophones ont répondu ? Combien de francophones ? Il faut prendre ça en compte ! » explique Mme Mahy.

Quelle est la différence entre CPAS francophones et néerlandophones ?

Le mode de fonctionnement des CPAS francophones et néerlandophones est différent. En Flandre, le fonctionnement est, à la base, plus coercitif et contraignant. « Il y a une tendance plus au contrôle en Flandre », précise Christine Mahy. « En revanche, du côté francophone, nous sommes plus pour un accompagnement construit. Néanmoins, certains CPAS pratiquaient déjà le PIIS (puisqu’il était obligatoire uniquement pour les moins de 25 ans) jusqu’à parfois exclure les jeunes du Revenu d’Intégration Sociale (RIS). Qu’est-ce qu’ils font dans ces cas-là ? » poursuit-elle.

Qu’en pense le RWLP ?

Le Réseau Wallon de Lutte contre la Pauvreté, lui, est contre le PIIS, mais penche du côté de l’accompagnement spécifique. Dès lors, il n’est pas contre le volontariat ou les formations dans la mesure où cela convient à la personne.

A écouter : Débat entre le Ministre Willy Borsus et Madame Mahy, sur La Première dans CQFD

http://www.rwlp.be/images/Media/Cqfd_-_Nouveau_contrat_au_CPAS_mesure_dint%C3%A9gration_ou_dex.mp3



Commentaires - 3 messages
  • Les fonctionnaires des CPAS organisent, l'assistanat des isolés et chefs de famille.
    Si les cohabitant( e)s n'ont pas droit aux CPAS c'est parce que les fonctionnaires des CPAS savent qu'ils ne sauraient mettre la pression à un (e) cohabitant puisqu'il y a d'autres revenus dans le ménage.
    Les ASSISTANTES SOCIALISTES sont des agents des services communistes, ni plus, ni moins..

    Zuzette jeudi 21 avril 2016 08:47
  • Très chère Zuzette, avant de juger les fonctionnaires des CPAS, il conviendrait peut-être que vous sachiez que les assistant sociaux n'inventent pas les règles, ni les lois. Ce sont les parlementaires qui votent les lois. Le rôle des fonctionnaires, ceux des CPAS ou d'autres administrations, est de les rendre opérationnelles. Ce ne sont donc pas les assistants sociaux, loin s'en faut, qui décident des catégories que sont "isolé" ou "cohabitant". C'est la loi qui prévoit ces catégories. La même loi décide aussi des conditions qu'une personne doit remplir pour bénéficier de l'aide financière que les CPAS accordent aux indigents.
    D'autre part, croire qu'il suffit d'exclure les pauvres du bénéfice de cette aumône publique pour que tout aille bien tient dans le meilleur des cas d'une vision idéologique, autrement, c'est de la pure et simple naïveté. Les causes de l'indigence ne sont pas comme certains l'imaginent, la paresse des personnes indigentes. Pendant les années les années d'après-guerre (de 1945 au milieu des années 70), le taux de chômage tournait autour de 4%, et les personnes au chômage n'y restaient que peu de temps. Les personnes qui bénéficiaient de l'aide du CPAS étaient extrêmement peu nombreuses et finissaient par trouver du travail dans un laps de temps pas très long, parce qu'il y avait du travail pour presque tout le monde. Maintenant, il n'y a plus de travail et les pouvoirs publics peinent à trouver des solutions à cet épineux problème. Doit-on en vouloir à ces pauvres diables qui sont déjà victimes d'une situation à laquelle ils ne sont pour rien ou à ceux qui ne sont pas aptes à leur proposer autre chose que l'aumône publique?

    Fut jeudi 21 avril 2016 14:42
  • Je tiens ? pr?ciser que l'on est assistante sociale et non fonctionnaire. notre objectif est d'aider les personnes tout en jonglant avec les r?glementations que nous devons respecter.

    Je signale ?galement qu'il y a des personnes COHABITANTEs qui sont aid?es par le CPAS donc je pense que dans tout les cas il ne faut pas faire des g?n?ralit?s.

    Il faut arr?t? de cat?goris? les personnes. Mme Zuzette, vous parler ?galement d'intrusion dans la vie, je ne suis pas d'accord avec vous. Il est important lorsque nous suivons des personnes et des familles de connaitre leur histoire afin de voir comment on peut les aider ? avancer. Notre int?r?t n'est pas de savoir si quelqu'un trompe ou de savoir quelle est la couleur de vos culottes? Notre r?le va bcp plus loin que cela ?a

    aur?la1605 vendredi 22 avril 2016 08:16

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