L'enseignement spécialisé accueille surtout des enfants précarisés

L'enseignement spécialisé accueille surtout des enfants précarisés

Une étude menée par l’Observatoire belge des inégalités révèle que le nombre d’enfants dans l’enseignement spécialisé augmente en fonction de leur précarité sociale.

Alors que les centre psycho-médico-sociaux (CPMS) évaluent les difficultés physiques, mentales et comportementales des enfants, l’étude dévoile le poids insoupçonné du milieu intellectuel et social dans leur intégration en enseignement spécialisé.

Une majorité d’élèves en situation sociale précaire

Dans tous les types d’enseignement spécialisé (retard mental léger ou sévère, déficiences physique, troubles du comportement ou de l’apprentissage, maladies, déficiences visuelles ou auditives), la majorité des enfants sont issus d’un milieu social précaire. Selon les termes de l’étude menée par l’Observatoire belge des inégalités, un indice compris entre 1 et 10 a été attribué à chaque élève pour représenter sa situation sociale. Ainsi, les enfants d’indice 10 (la situation sociale la plus favorisée) ne sont que 1,53% dans le spécialisé, contre 5,62% des enfants d’indice 1 (la situation sociale la plus précaire).

Ce constat soulève de nombreuses questions, étant donné que le suivi psycho-médico-social des CPMS auprès des enfants, allant parfois jusqu’à une proposition de placement dans l’enseignement spécialisé, n’est pas censé tenir compte des inégalités sociales. Alors comment expliquer ces chiffres ?

Les psychologue des CPMS se défendent

L’étude a notamment suggéré la responsabilité des CPMS à peut-être envoyer trop vite des enfants précarisés vers l’enseignement spécialisé. En cause, les tests de QI non-représentatifs des capacités cognitives des enfants, mais révélant plutôt des avantages ou des faiblesses liées au milieu socioculturel. Interrogée par Le Soir, la secrétaire générale de la Fédération des centres PMS libres, Sophie de Kuyssche, a réaffirmé le travail de soutien des professionnels en CPMS en collaboration avec les enseignants et les parents : " C’est un travail sérieux. Il prend souvent des semaines, des mois. Et dans les solutions que proposera le CPMS, il n’y a pas que le spécialisé. Cela peut être de la remédiation, une mobilisation des acteurs – école, famille, thérapeute, médecin, école de devoirs…" Sophie de Kuyssche a avancé le manque de soutien aux familles défavorisées, moins aptes à la prise en charge des enfants en difficultés, comme cause de leur surreprésentation en enseignement spécialisé. Une hypothèse qui semble partagée par le secteur.

Les familles précarisées ont moins de clés pour faire face

Toujours pour Le Soir, le psychologue Jean-Paul Leclercq a mis en garde contre les amalgames. Selon le professionnel, en aucun cas ces chiffres ne peuvent témoigner d’une scolarisation excessive des enfants précarisés en enseignement spécialisé. " Je ne dis pas qu’il n’y a pas d’orientations exagérées. Mais parmi les enfants que j’ai côtoyés, c’était loin d’être le cas. On oublie qu’il y a une corrélation entre la précarité socioculturelle et la précarité psychique de certains parents", confie le psychologue, avançant que les parents en difficultés sociales sont souvent moins préparés à faire face aux troubles dont souffrent leurs enfants. Si cette décision est difficile pour tous les parents, ceux qui ont moins de ressources ont aussi moins de clés pour contester une proposition d’envoi en enseignement spécialisé.

Quelles places disponibles en enseignement spécialisé ?

Pratiquement parlant, reste qu’il est désormais possible de consulter en temps réel le nombre de places disponibles dans chaque école. Et ainsi d’éviter un véritable marathon pour trouver un établissement où transférer son enfant. Pour les parents désireux de voir leurs enfants placés en enseignement spécialisé, aussi bien qu’en enseignement général primaire et maternel, un site d’information a été mis en ligne ce mardi par la Fédération Wallonie-Bruxelles. "Places écoles maternelles et primaires"récence tous les types d’enseignement pour une visibilité immédiate des disponibilités. Attention toutefois, les site n’est pas une plate-forme d’inscription mais seulement d’information.



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