L'Europe s'engage contre les infections nosocomiales

L'Europe s'engage contre les infections nosocomiales

Chaque année, quelque 37 000 patients décèdent des suites d’une infection contractée en milieu de soins. En cause, une utilisation intempestive des antibiotiques qui réduisent la résistance aux infections liées aux soins (ILS) dans les hôpitaux.

Ce mardi, la commission de la santé du Parlement européen a validé par une écrasante majorité ( 637 voix pour et 32 contre) la mise en place de nouvelles normes d’utilisation des antibiotiques en centres de soins. En cause, les conséquences catastrophiques du recours trop fréquent aux antibiotiques qui rend les patients trop vulnérables aux ILS alors qu’il sont admis en hôpital.

Les infections nosocomiales sont trop fréquentes

En effet, 8 à 12% des personnes hospitalisées seraient sujettes à des ILS, contractée en milieu de soins. Sur l’ensemble des pays de l’UE, 1 patient sur 20 souffrirait d’une infection nosocomiale. Soit 4,1 millions de personnes par an. En plus d’entraîner des surcoûts pour les services de santé, elles peuvent être meurtrières. En moyenne, 37 000 personnes décèdent des suites d’une infection liée aux soins en Europe. D’après le communiqué de presse du Parlement européen, jusqu’à 30% de ces ILS pourraient être évitées en respectant des contrôles et normes d’hygiène stricts. Pour autant, les experts estiment que le taux d’infection pourrait diminuer de moitié en améliorant la conception et l’utilisation des antibiotiques.

Responsabiliser l’utilisation des antibiotiques

Trop utilisés, pas assez innovants, les antibiotiques perdent en efficacité. Résultats, nous sommes de plus en plus résistants aux antibiotiques. Et d’autant plus exposés à nombre d’infections, tout particulièrement dans les centres de soins. Dans une résolution votée ce mardi, les parlementaires européens ont décrété de nouvelles mesures d’utilisation des antibiotiques par le secteur santé, tout en encourageant les laboratoires pharmaceutiques à développer la recherche quant à de nouveaux agents antimicrobiens.

Dans les grandes lignes, les mesures préconisent de :

- responsabiliser l’utilisation des antibiotiques en interdisant d’y avoir recours sans prescription sur ordonnance

- développer des procédés marketing pour endiguer les conflits d’intérêt entre les producteurs et les prescripteurs

- diffuser l’information, la prévention des risques d’une utilisation trop constante des antibiotiques auprès des patients et des soignants

- renforcer la surveillance et les contrôles des infections dans les hôpitaux

Une victoire pour la sécurité des patients, mais à quel prix ?

En dépit des budgets de plus en plus limités pour le secteur santé, la commission de la santé estime que la lutte contre les infections nosocomiales doit rester prioritaire pour la sécurité des patients. Les députés ont donc appelé les Etats membres à s’assurer que leurs organes de santé disposaient de budgets suffisants.



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