L'habitat intergénérationnel en plein boom à Bruxelles

L'habitat intergénérationnel en plein boom à Bruxelles

Soulager les homes, rompre la solitude, tisser des liens sociaux... sont quelques avantages de l’habitat Kangourou ; un mode vie qui rassemble les générations sous un même toit. Mais est-ce réellement la panacée ?

À Bruxelles, l’habitat intergénérationnel, ou Kangourou, semble rencontrer de plus en plus de succès. Le principe est simple : soit un senior décide de partager son logement avec un étudiant, voire une famille entière, soit c’est le senior qui est accueilli au sein d’une famille. Il s’agit, notamment, de tenter de rompre la solitude à laquelle les personnes âgées font souvent face et qui les pousse parfois à intégrer les maisons de retraite. Le mode de vie intergénérationnel doit tout de même se plier à certaines règles de cohabitation et à un encadrement strict afin d’éviter certaines dérives.

1Toit2âges

L’ASBL 1Toit2âges, l’une des associations bruxelloises de référence en matière de logements intergénérationnels, enregistre une croissance annuelle toujours plus importante. En 2016, elle comptait 334 binômes, soit 90 de plus qu’en 2015. La cohabitation entre un étudiant et un senior se veut "conviviale et sans rapport de subordination", indique le site internet de l’ASBL. "Cela permet de lutter contre la solitude des personnes âgées et donne aux étudiants la possibilité d’avoir un kot calme propice à la réussite de leurs études."

En ce qui concerne la rémunération, 2 types de formules sont proposés : soit l’étudiant verse une participation de 180 euros et fourni de petits services à raison de 5h par semaine, soit il verse une participation de 180 à 300 euros, sans engagement en retour. Une dernière solution choisie par 80% des participants.

600.000 euros débloqués

Afin de soutenir davantage les projets de logements intergénérationnels et répondre au succès grandissant de ce nouveau mode de vie, la Région bruxelloise vient tout juste de débloquer un budget de 600.000 euros. L’initiative de la ministre du Logement, Céline Frémault, fait écho à celle de 2015 qui avait permis de financer 13 projets, permettant le développement de 130 logements de ce type.

Quid des dérives ?

L’habitat intergénérationnel semble n’avoir que des avantages. Pourtant, dans l’une de ses analyses, Espaces -seniors évoque les "points de ruptures" susceptibles de survenir. Les désaccords dans la façon de vivre sont principalement soulignés. Mais il existe des dérives bien plus graves que les simples quiproquos. En effet, la question de la maltraitance pourrait bien venir noircir le tableau.

Le rapport annuel d’Infor-Homes, une association bruxelloise qui informe sur les maisons de repos et qui dispose d’un service d’écoute pour personnes âgées maltraitées (SEPAM), indique que les appels sont passés de 436 en 2009 à 1.207 en 2016. Si la maltraitance est pointée du doigt dans les institutions, c’est pourtant au domicile des seniors qu’elle serait la plus courante et davantage encore quand les générations se mélangent. La coordinatrice du SEPAM, Myriam Bodart, explique à la DH : "Il arrive que des enfants parfois âgés trouvent refuge chez leurs parents après une séparation, un accident de la vie, une perte d’emploi, et donc deux générations cohabitent avec des habitudes dures à accorder, ce qui peut déboucher sur des cas problématiques."

La rédaction

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