L'immigration peut-elle booster l'économie ?

L'immigration peut-elle booster l'économie ?

Les réfugiés devraient-ils travailler ? Cette question polémique est plus importante qu’elle n’y paraît. Outre le respect des droits des réfugiés, l’impact sur l’UE pourrait s’avérer positif !


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L’afflux de demandeurs d’asile suscite une série de questionnements. Outre l’évidente action humanitaire que l’état doit assumer, notamment avec l’aide du secteur associatif, la dimension économique n’est pas absente de la problématique. Et à ce niveau, les fausses idées ont parfois la vie dure ! Devant les craintes de poids financier que pourrait entraîner la crise de l’asile, de même que vis-à-vis du marché de l’emploi, les statistiques démontrent l’apport positif de l’immigration. Mais pour cela, certaines règles doivent être respectées et une politique européenne de l’immigration, clairement édifiée. En attendant, certains pays comme la Belgique, s’organisent pour tenter d’ouvrir le marché de l’emploi aux demandeurs d’asile.

L’immigration, essentielle en Allemagne !

Vendredi dernier, la FEB (Fédération des Entreprises Belges) a affirmé qu’elle dressait actuellement un état des lieux pour pouvoir répondre aux propositions d’aide qu’elle reçoit des employeurs, dont certains seraient intéressés par l’embauche de main d’œuvre. En Allemagne, les migrants sont même attendus avec une certaine impatience. Le pays est touché par un vieillissement de la population plus intense que dans d’autres pays de l’Union européenne (UE). L’apport migratoire est donc nécessaire pour répondre aux besoins des entreprises. Il manquerait par exemple 140 000 ingénieurs, programmateurs et techniciens dans le pays.

Immigration contre récession

Car tel est finalement le paradoxe : l’Europe-forteresse, frileuse à accueillir de nouveaux immigrés, en aurait pourtant besoin ! En 2030, sans nouvelle immigration, la population européenne en âge de travailler aura diminué de 12%, selon plusieurs études, notamment de l’OCDE. Conséquence : un impact négatif sur la croissance de l’UE, des emplois qui ne trouvent pas preneurs et des difficultés accrues pour le financement des pensions. À l’heure où les naufrages de bateaux remplis d’immigrés et les files de demandeurs d’asile au coeur des pays de l’UE, font la Une des médias, ce constat balaye quelques idées reçues.

Une évolution démographique négative

Les immigrés pourraient contribuer à booster l’économie de l’UE. Une opinion que Eric Le Boucher, directeur du magazine économique Enjeux-Les Echos, exprimait récemment sur Slate, dans un article intitulé « Les bienfaits de l’immigration » : « Dans l’Europe des Vingt-Sept, déjà dix pays voient leur population vieillir et rétrécir. A partir de 2015, l’évolution démographique de l’ensemble de l’Union européenne sera négative. L’immigration est le seul moteur démographique positif. Or pour les économistes, le premier facteur de décroissance est la baisse de la population. Pour croître, une économie a besoin d’un marché du travail actif ». Aujourd’hui déjà, certains secteurs industriels ne trouvent pas la main d’œuvre nécessaire pour maintenir correctement leur activité. Selon l’OCDE, si nous remontions le taux d’emploi des migrants au niveau de celui des personnes nées dans le pays, la Belgique pourrait engranger près d’1 % de plus de produit Intérieur brut (PIB).

Eviter le dumping social

Evidemment, cet apport positif de main d’œuvre ne peut se faire qu’en adéquation avec les règles de travail nationales et européennes. Actuellement, un demandeur d’asile ne peut travailler durant la période de six mois qui suit son inscription sous ce statut. Le ministre de l’emploi, Kris Peeters, a entamé une réflexion quant à l’assouplissement de cette règle, en vue de rabaisser à 4 mois la période pour postuler à un emploi et assouplir les formalités pour l’obtention d’une carte de travail. Une réflexion qui devra néanmoins envisager les conséquences d’un éventuel changement législatif. Les risques de dumping social existent et il s’agit de les éviter afin que cela n’entraîne pas des crispations sociales. Idéalement, une politique européenne commune serait ici aussi nécessaire. Car les salaires minimaux ne sont pas les mêmes au sein des différents pays de l’UE et les réfugiés pourraient être embauchés comme main d’œuvre à bas coûts, dans certains états. Mais cette question fait polémique depuis trop longtemps en Europe, pour que l’on puisse espérer la voir résolue rapidement.

Sandra Evrard

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Commentaires - 2 messages
  • Un element plus qu'important semble oublié dans toutes les approches de l'iimgration : LA CULTURE.
    Si l'immigration serait faite par des citoyens de culture avec des principes similaires à ceux des européens ou ayant la volonté de les accepter : PAS DE PROBLEME.
    Au contraire les candidats emigrants sont de culture parfois opposée à celle des européens et de plus veulent imposer leur facon de voir.
    L'exemple le plus frappant la relégation des femmes au niveau du chien et encore parfois celui ci est mieux considéré.
    Comment traiter cette question de différence culturelle ? Y a t il une réponse satisfaisante ou faut il imposer au moins une partie de notre culture pour que celle ci ne disparaisse pas ?

    collo vendredi 18 septembre 2015 19:08
  • A voir le titre, je pensais tomber sur un sujet sur l'immigration en général, et pas le travail des demandeurs d'asile.

    L'immigration peut booster l'économie, ce n'est pas qu'une opinion, des études scientifiques ont été réalisées sur le sujet, et concluent à un bénéfice pour l'économie, même s'il n'est pas immédiat.

    Le commentaire précédent de Collo comprend beaucoup de sous-entendus. Je ne vois pas très bien quelle culture serait "opposée" à une prétendue culture européenne. Qui veut imposer quoi ? Il faudrait commencer par définir ces 2 points (culture opposée / culture européenne) avant d'aller plus loin. D'autre part, la culture n'a pas grand chose à voir avec l'économie. On est hors sujet.

    Laurentduv vendredi 25 mars 2016 10:58

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