L'intervention socio-éducative se diversifie de plus en plus

L'intervention socio-éducative se diversifie de plus en plus

À la mi-mars, l’ASBL Rhizome organise une formation à destination des éducateurs. Au programme : la bien-traitance des professionnels du secteur socio-éducatif. En 10 jours, les inscriptions affichaient complet.

Éducateurs bien-traitants et bien-traités : quels liens avec le public, l’équipe et l’organisation ? Tel est le thème de cette journée dédiée aux éducateurs. Et visiblement, l’initiative plaît puisque l’événement est devenu soldout en 10 jours à peine. Quelque 500 personnes devraient y participer.

La nécessité d’un encadrement continu pour les éducateurs

Pour Jacques Vanhaverbeke, vice-président de l’association Rhizome, ce succès de foule est révélateur : « Il y a un besoin de se rencontrer au sein de la profession. Il y a un besoin d’échanger. Un des objectifs de Rhizome est de valoriser la profession et, cela passe par le bien-être des éducateurs sur leur lieu de travail. D’où la thématique choisie pour cette formation... »

Murielle est éducatrice spécialisée dans une institution publique à Bruxelles. Elle confirme ce besoin d’échanger : « l’action socio-éducative nécessite un soutien au quotidien. Il y a un réel besoin d’encadrement dans la profession. Beaucoup de choses évoluent dans la manière d’éduquer. Je pense par exemple à tous les problèmes que les GSM ont amené dans la gestion des groupes et des personnalités. Il faut absolument s’informer sur les nouvelles méthodes qui existent pour mieux gérer ces situations, sinon on en vient vite à être dépassé... »

Le statut de l’éducateur, cet imprévisible monstre du Loch Ness

Véritable outil de dynamisation dans le secteur de l’intervention socio-éducative, l’asbl Rhizome milite également pour la reconnaissance professionnelle de l’éducateur. « Le statut de l’éducateur, c’est un peu comme le monstre du Loch Ness. De temps en temps, il apparaît à la surface... Mais en attendant, n’importe qui peut s’afficher éducateur. En milieu scolaire par exemple, il est fréquent qu’un instit’ ou un prof de gym soit recyclé en éducateur... », ce que regrette particulièrement Jacques Vanhaverbeke avant de souligner l’importante d’agir pour un meilleur statut.

Cela dit, les éducateurs pourraient dans le futur investir de nombreux autres secteurs de la société. Monsieur Vanhaverbeke cite par exemple l’accompagnement des personnes âgées pour lequel les éducateurs sont de plus en plus sollicités mais aussi, le suivi des personnes avec un bracelet électronique. « Il faut rester à l’affût des nouveaux secteurs qui se développent pour les éducateurs. Il y a de plus en plus de problèmes dans la société et donc, par corollaire, le besoin d’éducateurs se fait de plus en plus ressentir. Mais pour cela, il faut du pognon. Et le secteur non marchand, comme le secteur culturel, est à la diète budgétaire... », constate amèrement Jacques Vanhaverbeke.

Le métier d’éducateur mis à rude épreuve

Par là-même, les éducateurs sur le terrain sont de plus en plus amenés à se diversifier avec de moins en moins de temps et une obligation de résultats. Force est de constater que même dans le secteur non marchand, la morale de l’efficience fait son apparition. Il faut sans cesse justifier les deniers publics.

Murielle témoigne de cette pression face à une « obligation de résultats » : « on a de plus en plus de papiers à faire : rapports de réunion, bilans d’observation, projets éducatifs personnalisés, projets de groupe,... C’est un travail énorme car la direction et le ministère veulent des traces écrites de tout. Le problème c’est qu’on n’a pas le temps de le faire car on est tout le temps en activité avec les résidents. Du coup, beaucoup d’éducateurs acculés vont le faire quand ils prestent la nuit. Mais ce n’est clairement pas recommandé... »

Manifestement, le secteur éducatif n’échappe pas à la marchandisation croissante de la société. Or dans les questions socio-éducatives, relatives à la nature humaine, les situations sont complexes et il faut du temps pour dénouer les difficultés, qu’elles soient personnelles ou relationnelles.

Delphine Hotua

N’hésitez pas à participer, commenter et réagir sur nos réseaux sociaux ou Forum !



Commentaires - 1 message
  • pendant mon stage j'ai vu et observé que beaucoup d'éducateur n'arrivent plus à faire le travail convenablement manque de temps pris par les rapports à taper.
    mais alors les bénéficiaires en paye les conséquences aussi. il a un manque d'effectif en tout cas. le gouvernement met le feu au métier social, ils retirent les avantages, et met plutôt les PTP sans diplôme pour s'occuper d'enfant ? pas normal ?

    natheclair jeudi 19 février 2015 11:09

Ajouter un commentaire à l'article





« Retour

Pour votre facilité, ce site utilise les cookies conformément à nos conditions générales.