L’Union des Kinésithérapeutes de Belgique lance une pétition

L'Union des Kinésithérapeutes de Belgique lance une pétition

Suite aux remous récents que connait la profession, le Conseil d’Administration de l’Union des Kinésithérapeutes de Belgique (UKB) a décidé de relancer une pétition.

Après le secteur de la santé mentale, c’est au tour des kinésithérapeutes de demander des comptes à la ministre de la Santé, Maggie De Block. Ces derniers réclament, notamment, un budget plus important, des honoraires plus élevés et une prime de déplacement plus attractive. La principale association représentant les kinésithérapeutes en Belgique, Axxon, était en discussion avec l’Inami, mais ces dernières ont été interrompues la semaine dernière, faute de « nouvel élément » amené sur la table. L’UKB, comme des collègues néerlandophones de la profession, une semaine avant, a décidé de relancer une pétition.

Chers collègues,

Depuis plusieurs années, notre profession est sous-évaluée par notre gouvernement. Vu notre engagement social, personne n’a entrepris quelque chose à ce jour pour changer la situation.

Aujourd’hui nous sommes arrivés à un point où il existe une trop grande divergence entre les soins de plus en plus spécialisés et notre honoraire, qui n’a plus été indexé depuis plusieurs années. Notre honoraire n’est pas évolué en fonction des changements de notre formation et de notre métier de physiothérapeute. La formation a évolué d’un diplôme de Bachelier vers une formation universitaire de 5 ans de Master, complétée de diverses options de spécialisation. Entretemps nos collègues avec un diplôme de Bachelier se sont spécialisés en suivant des formations, mais ils n’ont pas vu augmenter leurs honoraires.

L’honoraire moyen pour les traitements physiothérapeutiques s’élève à 36 euro en Europe occidentale. Le niveau de formation moyen d’un physiothérapeute en Europe occidentale est de Bachelier. Pour un traitement dans la pratique du physiothérapeute belge, chaque patient paie 22,26 euro. Pour une visite à domicile on n’ajoute que 0,39 euro à ce montant pour compenser le déplacement et la perte de temps. Ce contraste est encore plus saisissant, quand on se réalise que par rapport au reste de l’Europe occidentale, le niveau de formation des physiothérapeutes en Belgique se trouve au niveau de Master et que beaucoup de physiothérapeutes ont obtenu une qualification professionnelle supplémentaire.

En outre, nous constatons que dans le passé l’honoraire a été calculé en supposant un temps de traitement moyen de 20 à 30 minutes. Cette façon de travailler n’est plus actuelle à ce jour, car la durée de chaque traitement prend en général beaucoup plus de temps. Les tarifs actuels ne sont donc absolument plus adaptés à nos prestations modernes.

L’écart entre les soins spécialisés dans un cadre suffisamment équipé et la rémunération n’est plus tenable. La qualité des traitements est en jeux. L’honoraire actuel ne permet plus de financer un cabinet. Il suffit de penser au coût du chauffage et de l’électricité, aux salles de soins avec une intimité suffisante, à l’équipement d’une salle d’exercices et à une salle suffisamment grande pour améliorer la qualité du traitement, aux spécialisations supplémentaires pour augmenter encore une fois la qualité. Mais tout cela ne se traduit pas par un honoraire adéquat. Actuellement, le gouvernement tente de prévoir une compensation de 2000 euro pour suivre des formations spécialisées. Le budget disponible ne suffira probablement pas pour longtemps.

Nous sommes le dos au mur. Contrairement aux médecins, il est difficile pour les physiothérapeutes de sortir de la Convention INAMI et de fixer un honoraire acceptable. Cela signifierait en effet que le thérapeute n’aura plus droit à la subvention de l’INAMI, ni à la subvention télématique. En plus les patients seront dupés, car les patients de physiothérapeutes non-conventionnés recevront une diminution du remboursement des traitements de 25%. Ceci n’est pas le cas pour les patients des médecins et dentistes non conventionnés. Les physiothérapeutes ne sont toujours pas traité comme partenaire à part entière dans les discussions au sein des soins de santé, avec un financement limité comme conséquence. Et cela pendant qu’un investissement en physiothérapie, compte tenu de son évidence scientifique croissante, offre une meilleure alternative aux nombreuses interventions opératives et pourrait limiter fortement les frais. On pourrait aussi épargner supplémentairement en révisant les numéros ‘K’ dans les hôpitaux. Ces traitements coûtent plus que le double au gouvernement et aux mutualités.

Les traitement dans un cabinet privé d’un physiothérapeute sont moins chers et les patients reçoivent au moins le même traitement qualitatif. Le patient recevra un plan de traitement personnalisé. Dans le milieu hospitalier ce sera dans la plupart des cas un traitement en groupe. Des études démontrent que les traitements en groupe sont moins efficaces que les séances individuelles.

Dans notre société vieillissante et de plus en plus sédentaire, dont 20% de la population souffre de douleurs chroniques, le rôle de la physiothérapie ne peut certainement pas être sous-estimé. La douleur chronique est un fardeau socio-économique important de notre société, parce qu’elle mène à des frais médicaux élevés, des congés de maladie et d’invalidité de longue durée. Des études ont démontré que la physiothérapie est un élément indispensable d’une approche pluridisciplinaire de ces personnes : pour cette raison un investissement dans la physiothérapie serait plus approprié qu’une épargne. La situation actuelle n’est plus tenable. Nous prenons action en nous unissant autour de ce sujet. Plus précisément, nous voulons :

• Une redistribution des ressources publiques dans soins de santé ;

• Une représentation suffisamment représentative de la profession des physiothérapeutes dans les instances dirigeantes et les comités consultatifs ;

• La suppression de la discrimination de remboursement entre les thérapeutes conventionnés et non-conventionnés ;

• Un honoraire acceptable, qui s’aligne sur notre niveau de formation, similaire à nos collègues à l’étranger ;

• Un honoraire acceptable pour les visites à domicile au lieu du supplément symbolique de 0,39 Euro.

Avec cette pétition nous voulons donner un signal clair au ministre Mme. De Block qu’ en tant que physiothérapeutes nous désirons de continuer à donner des soins de haute qualité, mais d’avoir un honoraire adéquat.

Lien vers la pétition : ici



Commentaires - 1 message
  • plus de représentations et un revenu corrigé, indexé
    pour soigner notre patientèle

    anne coste lundi 20 mars 2017 13:25

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