L'Utsopi pour la défense des travailleurs du sexe

L'Utsopi pour la défense des travailleurs du sexe

L’Union des Travailleu(r)ses du Sexe organisé(e) s pour l’Indépendance (Utsopi) a été lancé lors d’une conférence de presse ce mardi 15 décembre. Le collectif se compose d’une trentaine de membres qui espèrent en rallier d’autres.

Les initiateurs de l’Utsopi présentent l’initiative comme une réponse au manque de visibilité des prostituées dans les débats qui les concernent. "L’objectif est que la parole de ces travailleurs soit entendue" explique Sonia Verstappen, prostituée et membre du mouvement. Car c’est souvent un discours idéologique en termes de traite, de victimes, d’exploitation,... sur la prostitution qui monopolise l’attention. Les membres reconnaissent cette réalité, tout en estimant que leur pénalisation ne résout rien, un avis que partagent les ONG comme l’ONU et Amnesty.

Interpeller les politiques

La conférence de presse était aussi l’occasion d’interpeller Emir Kir sur la gestion de la prostitution dans le quartier nord à Bruxelles. Deux points ont été soulignés : De un, Les militants veulent éviter que le projet de regroupement de la prostitution ne tombe à l’eau, à la manière de l’Eros center qui n’a jamais pu voir le jour à Liège.

De deux, les intervenants ont pointé du doigts le certificat de conformité imposé par les autorités communales depuis deux ans. D’après eux, ce règlement ne sert qu’à identifier les lieux où la prostitution s’exerce, mais ne protège pas plus les travailleurs du sexe.

De plus, "on vient d’apprendre qu’Emir Kir veut faire payer 2.500 euros le certificat de conformité. A cela s’ajoutent les taxes de 3.000 euros pour le propriétaire et on sait très bien que ça va retomber sur les filles", explique Sonia Verstappen. Un coût qui pousse les prostituées à partir d’elles-mêmes donc, plutôt qu’un moyen pour contrer la traite des êtres humains.

Isabelle Simonis, ministre des Droits des femmes en fédération Wallonie-Bruxelles est également dans le viseur de l’Union. La ministre ne conçoit pas l’exercice de la prostitution de manière libre et consentante.

Un collectif ouvert à des profils diversifiés

Le collectif regroupe les prostituées, hôtesses, acteurs pornos, assistantes sexuelles, etc... Aussi, il vise à mettre en lumière les travailleurs hommes engagés dans le domaine. Car à Bruxelles, beaucoup d’hommes se prostituent également.



Commentaires - 1 message
  • Bonjour !
    Habitante de SJTN, je suis ce dossier du quartier Nord avec beaucoup d'intérêt. Je pense que votre groupement devrait revendiquer de pouvoir travailler selon les horaires affichés ( Carrefour et Delhaize Pay&go) des commerçants turcs des environs du Botanique. Soit 7 jours sur 7 et de 6 heures à 21 heures.
    Pour ce faire, il faut que la zone soit déclarée "touristique" et le tour est joué (voir texte affiché à l'intérieur du Carrefour - "La Capitale" de septembre 2015) A ma connaissance, cette demande de classement en zone touristique n'a pas encore été faite. Je pense qu'il s'agit d'une juste revendication que de s'aligner sur ces commerçants car si Emir Kir veut éradiquer la traite des êtres humains, il doit mettre le même acharnement à réguler le "travail" de tous les commerçants - et s'intéresser aussi à ceux qui paient leurs travailleurs moins de 3 euros de l'heure. Bonne chance !
    PS : j'habite le quartier depuis 38 ans, c'est fou l'évolution de la "moralisation" du quartier. Plus de cigarettes chez les épiciers turcs, ni de bière ni de vin dans les restaurants

    Lilith365 jeudi 3 mars 2016 00:09

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