La Belgique ne favorise pas l’autonomie des personnes handicapées

La Belgique ne favorise pas l'autonomie des personnes handicapées

Alors que la SNCB se gargarise d’une petite adaptation de 18 gares pour les personnes à mobilité réduite, un rapport européen dénonce le manque de pro-activité de la Belgique dans les politiques d’autonomisation et d’inclusion de ces citoyens dans la société.

La SNCB a annoncé une nouveauté depuis hier : 18 gares (dont 11 flamandes) sont désormais plus adaptées pour les personnes à mobilité réduite (PMR). Cela ne signifie pas forcément que des ascenseurs ou autres structures adéquates soient mis à disposition dans les gares en question, mais que les PMR peuvent désormais bénéficier d’une assistance personnelle en la réservant 3h à l’avance… contre 24h précédemment. Pas de quoi crier victoire ! La Wallonie est clairement à la traîne, de même que Bruxelles.

La Belgique, mauvais élève

Rappelons que la Belgique a à nouveau été épinglée la semaine dernière par Nils Muiznieks, le Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe. L’état ne respecte pas les droits des PMR à l’autonomie de vie et à l’inclusion dans la société, estime-t-il. Ce ne sont pas les petits aménagements annoncés par la SNCB qui changent aujourd’hui la donne ! Nils Muiznieks rappelle encore que les améliorations pour faciliter cette autonomie et l’offre de services de proximité devraient constituer une priorité. Il s’agit d’un droit inscrit dans la Convention de l’ONU relative aux droits des personnes handicapées.

Trop peu d’inclusion pour les enfants handicapés

Le Commissaire européen pointe aussi du doigt le manque d’inclusion des enfants handicapés, généralement scolarisés dans des institutions spécialisées. Un choix qui ne favorise pas leur éventuelle intégration ultérieure dans un établissement classique, ni le contact avec les enfants non-handicapés. La Commmissaire Muiznieks préconise un engagement de l’ensemble de la Belgique en faveur de l’inclusion des enfants handicapés dans l’enseignement ordinaire.

Même problème dans les prisons

Le rapport européen dénonce aussi la détention de personnes ayant des déficiences psychosociales ou intellectuelles dans les annexes psychiatriques surpeuplées de prisons belges, où ces personnes ne reçoivent pas de traitement adéquat. Ce grave problème n’a toujours pas été réglé, bien que la Cour européenne des droits de l’homme ait conclu dans plusieurs arrêts à la violation, par la Belgique, de la Convention européenne des droits de l’homme. « La Belgique doit agir sans plus tarder pour remédier à ces violations. Quelques mesures positives ont été prises en 2014, telles que la construction d’une nouvelle structure spécialisée et l’adoption de dispositions législatives visant à favoriser le transfert du système pénitentiaire vers des établissements de santé. Il faut maintenant accélérer le processus de mise en œuvre », conclut le Commissaire européen.

Sandra Evrard

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