La Commission des Psychologues, prisonnière du système ?

La Commission des Psychologues, prisonnière du système ?

Depuis le début de l’année, la Commission des Psychologues doit faire face à plusieurs critiques de la part du secteur de la santé mentale. Elle a rencontré le Guide Social pour donner sa vision des choses.

Dans la saga qui oppose les professionnels de la santé mentale à la Commission des Psychologues (la Compsy), plusieurs points ont été soulevés lors de l’entretien avec le Guide Social, dont la cotisation et la transparence. En effet, si tous les psychologues praticiens sont obligés, moyennant une cotisation annuelle, de souscrire leur agrément auprès de l’Organe fédéral de contrôle et de régulation du titre et de la profession, peu sont d’accord sur son montant. Montant qui a augmenté de 15 euros en un an. De plus, certains accusent la Compsy de manquer de transparence dans sa communication avec le secteur.

On tourne en rond, non ?

Une inconnue demeure par rapport à la possibilité réelle pour la Commission d’être totalement transparente. Si la sincérité de l’équipe se ressent et que sa volonté de mieux communiquer sur ses missions ou sa future vision est bien présente, le manque de mesures réelles et concrètes prises suite aux lettres qui lui ont été adressées intrigue. La Compsy ne parait pas savoir par où ou quoi commencer. Le directeur s’est posé la question de « savoir si nous devions publier les agréments des autres ordres, pour nous justifier. Mais ça ne nous semble pas correct. Or, leurs cotisations sont bien plus élevées que la nôtre (allant de 250€ à 1800€/an). Bien entendu, les psychologues ne sont pas au courant de ça ». Dès lors, la Commission a mis sur pied un Bureau, mais doit avoir l’aval de la plénière. Le directeur insiste cependant sur le fait que « le lien date depuis longtemps, la compréhension est là, nous savons qu’elle ne sera pas contre certaines de nos propositions ». La Commission a donc décidé de commencer à publier ses rapports financiers.

La plénière, le grand décideur

Si la Commission ne fonctionne qu’avec les cotisations qu’elle reçoit des psychologues qu’elle agrée car, comme le précise le directeur « Cela fait partie de notre autonomie. Nous ne recevons aucun subside des pouvoirs publics ni au niveau logistique, web, impressions des documents, etc. », sa marge de manœuvre, en termes de prises de décisions, reste cependant relativement restreinte. En effet, sans l’aval de la plénière, elle ne peut rien entreprendre. « La plénière, ce sont nos employeurs. Elle décide des orientations à prendre. Si elle dit non, c’est non ». Pour rappel, siègent à la plénière les représentants des associations professionnelles agréées par le ministre des classes moyennes, Willy Borsus.

Le système, ce gredin !

La Commission veut aller de l’avant et est ouverte au changement, mais semble embourbée dans le système dont elle fait partie. A la remarque « Le grand manitou là-dedans, c’est qui ? Par rapport à votre cadre, vos infrastructures, etc. ? C’est assez fou de voir l’environnement dans lequel vous travaillez, alors qu’il provient des fonds que vous demandez aux psychologues pour pouvoir être reconnus… C’est ce lien qui est difficile à comprendre… » le directeur répond être tributaire du « législateur. C’est comme ça pour toutes les professions libérales, pas uniquement les psychologues. Si nous mettons en question notre système, il faut remettre en question celui de tous les psychologues. Et nous comprenons ces questions, parce que nous aussi nous nous demandons parfois ce que nous pourrions améliorer. Mais alors il faudrait remettre en question toutes les lois, tous les cadres légaux. »

Des demandes d’agréments pourtant en constante augmentation

Même si les critiques formulées à la Commission ont fait l’objet d’une analyse complète, cette dernière ne pense pas que les groupes qui les lui ont adressées représentent la majorité de la profession. « Nous avons pris au sérieux les critiques et les plaintes reçues, beaucoup étaient justifiées. Nous ne sommes pas uniquement présents pour ceux que nous considérerions être la majorité. Néanmoins, en fonction des chiffres que nous avons et les échos qui viennent du terrain, il faut faire le tri. Je ne suis pas du tout convaincu que la série de lettres ouvertes reflète l’opinion de la majorité des psychologues. »

Et de poursuivre : « En 2011, nous avons augmenté la cotisation de 25€, passant de 25€ à 50€. Nous avons motivé cette décision par une page d’explications des projets que nous voulions implémenter : le droit disciplinaire, les possibilités en termes de formation continue, accréditée, etc. Cette année-là, les demandes d’agréments ont augmenté de plus de 10% et n’ont pas cessé d’augmenter depuis. Par exemple, en janvier 2016, nous étions à 54% de demandes. Cette année, pour la même période, nous sommes à 74%. »

En ce qui concerne le prix actuel de leur cotisation, pour le directeur, « la somme de notre cotisation est tout à fait raisonnable, nous avons essayé de tenir compte des salaires moyens des psychologues qui ne gagnent pas autant. »

Le contexte politique à prendre en compte

La Compsy précise que, lors de l’augmentation de la cotisation, en 2011, 20 psychologues se sont plaints et ont réagi. Après leur avoir expliqué et depuis, pris le pli de « continuer à travailler et à expliquer ce vers quoi nous voulions aller », ils ont constaté que « les gens sont enthousiastes, positifs sur notre vision ». Jusqu’à ce début d’année, où elle a reçu de vives critiques de certains. Pour le directeur, le contexte politique est, notamment, un facteur. « C’est en tout cas difficile de faire le tri entre ce qui nous est adressé à nous et ce qui est instrumentalisé… Pour nous aussi il y a des incertitudes, même quant à la nouvelle loi et sa mise en pratique. Nous recevons énormément de questions auxquelles nous ne pouvons pas répondre car nous n’avons pas la liberté d’interpréter cette loi. »

La rédaction

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Commentaires - 1 message
  • "Cette année-là, les demandes d'agréments ont augmenté de plus de 10% et n'ont pas cessé d'augmenter depuis." ==> Ce n'est pas un agrément libre. L'agrément est obligatoire. Et il est de plus en plus difficile à y échapper. Beaucoup d'offres d'emploie demandent ce numéro. Les mutualités demandent de plus en plus ce numéro. Donc si les demandes d'agréments augmentent, ce n'est pas néssecairement parce qu'on est enthousiaste. C'est une obligation paradoxale. On doit payer chaque année même si on ne veut pas. Ce qui n'est pas dit non plus ici, c'est que compsy inhérite le mécontement (ou même aversion) de la BFP/FBP puisque la BFP a 14/16 sièges dans la plénière du compsy et d'autres postes. Si on n'est pas d'accord avec la vision de la BFP/FBP on n'est pas obligé de devenir membre de leur club. On peut choisir une autre association professionelle. Mais on ne peut pas échapper à supporter leur vision parce qu'on doit payer la Compsy et Compsy est dirigé par le BFP/FBP.

    Tania Schuddinck mercredi 15 février 2017 22:12

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